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Culture rockabilly: la fureur de vivre

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Un vent de rébellion souffle sur la jeunesse montréalaise. Ils sont de plus en plus nombreux à adopter les looks de James Dean et de Betty Page, et à se déhancher sur la musique d’un certain Elvis. Mais qu’est-ce qui pousse les jeunes adultes à s’intéresser au jive et à la culture rockabilly?

Plusieurs facteurs, comme la mode, les voitures et le cinéma; sont à l’origine de cet engouement pour les années 1940-1950, estime Luc Osmani, professeur de rockabilly jive et passionné de cette époque. Néanmoins, selon lui, c’est principalement la musique qui attire les gens. Et qui dit musique dit forcément danse.

« Avant les années 1990, il ne se dansait pratiquement aucun jive au Québec. Miss Wolfe, une fille originaire d’Angleterre [NDLR: le rockabilly jive était très populaire dans ce pays dans les années 1970, avec les Teddy jive], est débarquée ici et a ouvert une école de danse. Au début des années 2000, elle est partie aux États-Unis, ce qui fait que ç’a pas mal disparu. En 2006-2007, il y a eu un retour de l’engouement [avec l’ouverture d’une première école à Montréal enseignant exclusivement le rockabilly jive]. »

M. Osmani croit que celui-ci est dû au bouche-à-oreille, faisant en sorte que le rockabilly jive compte chaque jour de nouveaux adeptes.

« On a eu beaucoup de visibilité dans les dernières années et ça fait que les gens en parlent.

« Il faut aussi dire qu’ici, la scène jive s’est ralliée au monde du swing, ce qui ne se fait pas forcément ailleurs. On n’avait pas le choix, car c’est un milieu tellement petit », soutient-t-il.

Rebelle insouciance

Les jeunes se sentent particulièrement interpellés par l’insouciance véhiculée par la musique et la danse rockabilly, estime M. Osmani.

« Ce qui attire les jeunes de 20-30 ans, c’est la possibilité de se changer les idées. Quand ils dansent, ils ne pensent qu’à ça. Il n’y a plus de comptes à payer ou de travail à remettre.

« Les années 1950, c’est une époque où il est extrêmement simple d’être rebelle et de s’extérioriser. Un t-shirt, un jeans avec des turn-up et un coat de cuir; c’est assez basic. Même chose pour les filles. Le look est très sleek, avec des jupes cigarettes et un top simple. C’est un retour aux sources. Même chose avec la musique: une guitare, une basse et un drum. On est tanné du glam rock, du hip-hop et du punk. Trop de son, trop de rien. »

Pour sa part, Chantal-Irène Coulombe, une des organisatrices du JiveFest, croit que c’est « l’énergie qui se dégage » de la danse et de la musique qui rallie les jeunes.

« C’est la musique que nos parents écoutaient. C’est quelque chose qui est bon et qui est bien fait. C’est léger et festif. »

L’habit ne fait pas le moine

Depuis quelques années, la mode rétro est particulièrement populaire. Pour preuve, les sites d’achats en ligne tels que modcloth.com et dress911.ca regorgent de robes d’inspiration fifties.

Si cette tendance donne davantage de visibilité au phénomène, elle n’y est pas forcément liée, soutient M. Osmani.

« Il y a beaucoup de gens qui s’habillent rétro et qui ne dansent pas le jive, et vice-versa. On a plusieurs danseurs qui s’habillent d’une manière plus classique. »

Pour sa part, Mme Coulombe croit que cette mode « est un classique qui va toujours rester ».

Origine du rockabilly jive

Le rockabilly jive a vu le jour dans les années 1950.

« C’est parti du swing. Comme c’était une danse de militaire sur les bateaux, qui est ensuite devenue une danse de bar, les danseurs avaient moins de place pour bouger et ils ont modifié les pas. La musique s’est aussi accélérée. Il n’y a pas d’origine précise du jive, car c’est une danse qui s’est beaucoup modifiée. La forme que l’on connaît présentement a beaucoup été peaufinée en Angleterre dans les années 1970 », explique Luc Osmani, professeur de rockabilly jive.

« Le jive est une danse très rapide et, contrairement aux autres, la follow (cavalière) et le lead (cavalier) ne font pas des gestes miroirs. La fille va tourner beaucoup, beaucoup, beaucoup tandis que le gars va faire des pas de côté en contraste », illustre pour sa part Chantal-Irène Coulombe.

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