Le Théâtre de La Manufacture fête ses 40 ans
En 1975, Jean-Denis Leduc a fondé La Manufacture, une compagnie théâtrale indissociable du théâtre de La Licorne. Aujourd’hui, il célèbre leur 40 ans de création engagée, résolument québécoise et inspirée de l’étranger.
L’histoire commence en 1975 dans l’appartement de Jean-Denis Leduc, rue Saint-André. Lors de soirées passées autour de sa table à manger, avec des amis et jeunes acteurs, passionnés de théâtre, ils fondent un collectif: le Théâtre de La Manufacture.
«On voulait un théâtre qui nous ressemble, avec de la création québécoise», explique le fondateur. Cette initiative s’inscrit après la crise d’octobre dans la foulée de la Révolution tranquille. Jean-Denis Leduc et ses copains écrivent, eux, leur révolution théâtrale. Le collectif du théâtre de La Manufacture naît.
Le premier théâtre La Licorne ouvre en 1981, sur la rue Saint-Laurent. C’est un café théâtre où les jeunes acteurs et jeunes compagnies s’essayent.
Le succès au rendez-vous, La Licorne déménage dans un local plus grand, sur l’avenue Papineau, en 1989. «C’est comme une famille. Nous avons tous le même but et la même vision. C’est un théâtre socialement engagé qui parle aux gens directement. Notre public repart chamboulé, secoué et il continue de parler de la pièce après l’avoir vu», souligne Jean-Denis Leduc.
C’est également pour cette raison que des artistes de renom comme Maxime Denommée ou Marie-Hélène Thibault choisissent de collaborer avec le théâtre. Tous les deux foulent les planches de La Licorne dès leur sortie d’école.
Marie-Hélène d’abord, en 1994: «c’était un de mes premiers contrats avec une compagnie accueillie par le théâtre. Puis, j’y suis revenue en 2003 pour jouer La Société des Loisirs de François Archambault», explique la comédienne qui remonte sur les planches du théâtre de La Licorne, cette année, avec la pièce Tu te souviendras de moi.
Pour Maxime Denommée, son aventure avec La Manufacture commence en 1999.
«Je sortais tout juste de l’école. J’ai joué ma première pièce Trick or treat. Ce que j’aime le plus avec les pièces sélectionnées par La Manufacture c’est qu’elles parlent de sujets contemporains et qu’elles nous font nous poser des questions.»
Le théâtre s’inspire des Anglais
Afin d’ innover et renouveler son répertoire, Jean-Denis Leduc se rend tous les deux ans au Festival d’Édimbourg, en Écosse. «J’aime le théâtre anglophone, c’est celui qui se rapproche le plus de notre culture. Nous partageons les mêmes préoccupations, le même humour alors je voyage souvent en Angleterre, en Écosse ou à Dublin pour trouver des pièces que je fais traduire par la suite», raconte ce passionné, valises prêtes pour un nouveau départ dans deux semaines.
En 2011, le théâtre s’agrandit. La grande Licorne peut accueillir 180 spectateurs, 80 de plus que la petite salle. Mais le côté intimiste et convivial continue de régner en maître. «À la Licorne, les loges sont communes et un salon relie les loges des salles de spectacle. Cela crée des rencontres superbes entre les jeunes comédiens et les comédiens plus expérimentés, les troupes en résidence…», raconte Mme Thibault. C’est ainsi que la jeune comédienne Emmanuelle Lussier Martinez, fraîchement sortie du conservatoire, joue aux côtés du monument Guy Nadon.
On ne peut oublier le cœur du théâtre: le bar. Lieu incontournable à chaque fin de représentation acteurs, metteurs en scène et spectateurs s’y retrouvent pour échanger sur le spectacle qui vient de se jouer.
Programmation 2015-2016
Mardi 11 août, Jean-Denis Leduc a présenté le lancement de la programmation 2015-2016. Les trois spectacles de la saison 2015-2016 à ne pas manquer, selon le fondateur-rédacteur:
Normal de Jean-Philippe Lehoux, présentera son spectacle du 31 août au 25 septembre 2015. C’est un récit autobiographique sur le voyage et le rapport à l’autre, né d’une expérience menée par le créateur lui-même. C’est un voyage à travers la peur et l’ennui qui finalement feront place à l’ouverture et au dépassement de soi.
Tu te souviendras de moi de François Archambauld, revient pour une troisième année à La Licorne. La pièce se joue du 3 au 21 novembre 2015 avant de partir pour une tournée au Québec et au Canada. C’est l’histoire d’un professeur d’histoire, à la retraite, souvent invité dans les médias. Sa mémoire se faisant défaillante, il sera pris en charge par une jeune fille… Cette pièce traite de l’importance de la transmission, de la nécessité de se souvenir et de parfois oublier.
Des arbres de Duncan Macmillan, se joue du 7 mars au 15 avril 2016. Cette histoire, très contemporaine, nous met face à notre propre monde et notre propre société avec les questions que se pose un couple de trentenaire sur le point de fonder une famille. Mais, est-ce une bonne idée de faire un enfant dans ce monde de consommation où la nature n’a plus vraiment sa place?



