Soutenez

Des photos contre l’oubli

Dans la nuit du 20 au 21 septembre, plus d’une dizaine de photos grand format, montrant des enfants arborant un masque à gaz, a été installée sur la façade de l’école primaire Baril. Ce projet a pour objectif de rappeler à la population, mais aussi aux intervenants du dossier, que les parents et les jeunes attendent toujours.

Au cours des deux dernières années, les élèves de l’école Baril, Saint-Nom-de-Jésus et Hochelaga ont été déménagés dans d’autres établissements scolaires de la métropole, étant donné la présence de moisissures et la piètre qualité de l’air. Après plus de 24 mois d’attente, les travaux stagnent.

« Nous n’avons pas de nouvelles et la communication n’est pas formidable. Nous attendons depuis des mois la démolition de l’école Baril et nous ne savons toujours pas ce qui va arriver aux deux autres écoles. C’est un peu décourageant. Cette accumulation d’éléments qui nous a motivés à faire ce projet artistique. Nous voulions simplement ne pas se faire oublier et mettre un peu de pression pour que les choses aillent plus vite », a indiqué Mariève Lafortune, présidente sortante du conseil d’établissement de l’école Hochelaga.

« Ce sont des artistes qui nous ont approchés pour participer au projet. Ce n’est pas une initiative des parents, mais nous voulions appuyer cette démarche. Le message n’était ni une attaque, ni un reproche envers les personnes qui travaillent avec nous, mais bien un constat de la situation. Nous ne sommes pas assez pour que ça bouge plus vite », a précisé Ève Kirlin, présidente du conseil d’établissement de l’école Saint-Nom-de-Jésus.

En plus de représenter des enfants luttant contre la mauvaise qualité de l’air, les affiches mettent aussi en scène les trois singes de la sagesse, celui qui ne voit pas, qui n’entend pas et qui ne parle pas.

Tolérance zéro

Les images ont été rapidement retirées par des employés de la Commission scolaire de Montréal (CDSM). Deux jours après leur installation, celles-ci ont été enlevées.

« Nous ne permettons aucun affichage sur nos édifices », a répondu Alain Perron, responsable des communications à la CSDM, lorsque les Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve l’a questionné sur la raison derrière le retrait des photos.

La rapidité des démarches de la CSDM a attristé les parents de la douzaine de familles ayant travaillé sur cette initiative.

« Ça s’est fait très vite, mais nos dossiers ne se règlent pas très vite. Une école ailleurs au Québec, je crois que c’est à Sherbrooke, a été reconstruite en un an et demi. Baril prendra peut-être quatre ou cinq ans. J’ai l’impression qu’étant dans un quartier plus défavorisé où les parents se mobilisent moins et ont moins de ressources, on leur fait moins peur. Comme si on était des citoyens de moindre importance », a souligné Mme Lafortune.

Dans l’attente de l’évolution de ce dossier, les parents rappellent qu’ils sont toujours présents et que cette initiative ne sera pas la dernière.

« C’est certain qu’il y aura d’autres mobilisations si rien ne débloque », a soutenu Mme Lafortune.

La situation

Les écoles Baril, Saint-Nom-de-Jésus et Hochelaga sont fermées depuis quelques années pour des raisons de moisissures et de mauvaise qualité de l’air qui rende malade de nombreux élèves et membres du personnel. Pour l’école Baril, la démolition et la reconstruction sont nécessaires. La CSDM a reçu l’aval du gouvernement du Québec pour procéder à la démolition. Elle attend actuellement l’étude patrimoniale ainsi que la permission de la Ville de Montréal pour entamer les travaux. Pour ce qui est des écoles Saint-Nom-de-Jésus et Hochelaga, des tests seront effectués cet hiver pour connaître l’ampleur de la contamination des bâtiments. Les résultats permettraient de mieux évaluer les solutions envisageables : notamment si des rénovations seraient suffisantes pour régler la situation ou si la destruction est le seul moyen d’enrayer le problème.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.