Un avenir incertain pour le JSH
À l’aube de souffler ses 50 bougies, les Jeunes sportifs Hochelaga (JSH) pourraient ne pas célébrer d’autres anniversaires. En effet, l’organisation a jusqu’en 2013 pour tenter de trouver des équipes de simple et doubles lettres pour éviter de mettre la clé sous la porte.
La situation n’est pas nouvelle. « Lorsque je suis entré en poste, il y a quelques années, je voyais déjà qu’on allait perdre les double lettres. Toutefois, je ne croyais pas que ce serait si vite », admet le président des JSH, Pierre Lavoie.
L’organisation de hockey JSH ne possède désormais que des équipes novices, prénovices, débutantes et le junior AA. Les joueurs atome, peewee, bantam, midget, le BB et le CC doivent se déplacer à Rosemont ou dans le Centre-Sud pour jouer.
La perte de ses divisions provient de la réorganisation des secteurs par Hockey Montréal. « Nous voulons qu’une seule organisation gère toutes les divisions d‘un secteur. À Pointe-aux-Trembles et à Ahuntsic, les deux organisations de hockey gèrent toutes les lettres. Ça simplifie le tout », explique Yves Pauzé, président du CA de Hockey Montréal.
Une mauvaise idée, selon M. Lavoie. « Nous ne voyons pas d’un bon œil cette restructuration. Avant, chaque organisation avait son secteur. Les joueurs du quartier devaient jouer dans un club précis. Actuellement, des clubs ferment. »
La fusion de Notre-Dame de l’Assomption (NDA) avec le club Centre-Sud en est un bon exemple. « Cette fermeture nous a fait perdre beaucoup de joueurs. Ils ne viennent plus chez nous, même s’ils sont de la région. Ça nous a fait beaucoup de mal », reconnait M. Lavoie.
« Tous les joueurs de l’organisation NDA sont allés jouer dans le comité des jeunes de Rosemont (CDJR), le comité des jeunes de la Louisiane (CJL) ou au Centre-Sud. Tous les joueurs ont pu continuer à jouer à ce sport», affirme M. Pauzé.
« Pour nous, c’est inadmissible que des jeunes d’Hochelaga-Maisonnevue se déplacent à Rosemont ou dans le Centre-Sud pour jouer au hockey. Plusieurs ne sont pas riches et ne peuvent se déplacer aussi loin. De plus, pourquoi voudraient-ils faire le voyagement quand ils ont un aréna tout près de chez eux? », s’indigne M. Lavoie.
« Lors de la restructuration, il y a trois ans, les JSH a eu la chance de postuler pour s’occuper du BB, mais ils ont refusé. C’était une très mauvaise décision », considère M. Pauzé. Cette division est désormais sous la gestion du CDJR.
« Nous avons refusé de prendre le BB, car nous voulions être prêts à l’accueillir. Nous avons donc décidé d’attendre trois ans pour que tout soit bien organisé », rétorque M. Lavoie.
Le président du JSH n’a pas abandonné l’idée de ramener le BB. « L’hiver prochain, nous allons faire une demande pour obtenir le BB. Nous allons élaborer sur les points négatifs de l’actuelle organisation et donner nos solutions, mais nous n’avons pas beaucoup d’espoir de réussite », avoue M. Lavoie.
Ce que corrobore M. Pauzé. « Je me vois mal déplacer le BB quand CDJR travaille avec eux depuis trois ans. De plus, Rosemont a un bassin de 500 joueurs, ce que n’a pas JSH. Déplacer cette division ne nous permettrait pas non plus d’amener les équipes sous une même organisation. On se tirerait dans le pied. »
La fermeture en cause
Les déboires du JSH pourraient ainsi l’amener à fermer. « Nous avons les équipes novices, prénovices et débutantes pendant encore deux ans. Après cela, rien n’est garanti », prévient M. Lavoie.
Rappelons que cet été, l’aréna d’Hochelaga-Maisonneuve où jouent les JSH a été rebaptisé du nom d’un ancien joueur du JSH qui est toujours resté près de l’organisation, Francis Bouillon. Il nous a été impossible de joindre M. Bouillon avant de mettre sous presse.
Malgré la situation précaire, M. Lavoie espère toujours. « Dieu seul sait si JSH va fermer dans deux ans. Il y a toujours de l’espoir. Toutefois, il faut être réaliste. Nous avons une chance sur cinq d’être présents en 2013. »
De son côté, le président du CA d’Hockey Montréal reste tout de même positif. « J’ignore si JSH va fermer. Si c’est le cas, les jeunes pourraient aller jouer dans les autres organisations du secteur. Ce n’est pas l’idéal, mais ça s’est déjà vu. »