Inspirer et mobiliser
Récemment nous avons eu un témoignage clair sur notre capacité à mobiliser une communauté lors de notre visite aux « Petits gourmets dans ma cour », un projet issu de l’esprit entrepreneurial de la famille de Josée Lefebvre. Le 4 octobre dernier, nous étions conviés à un 5 à 7 à Laval, dans le quartier Duvernay, pour rencontrer nos associés et bienfaiteurs qui rendaient compte de leur grand projet de mobilisation de la communauté. Leur activité-bénéfice, un souper communautaire préparé par les gens du voisinage et servi par les enfants, a permis d’amasser 32 500 $, dont 12 500 $ seront remis au centre de pédiatrie sociale de Laval et le reste, à la Fondation.
Quand des enfants se mobilisent pour une cause, et c’est souvent le cas pour la nôtre, on peut être certain qu’une voie s’ouvre toute grande pour changer le monde.
Voilà qui nous donne espoir et énergie pour continuer notre travail auprès des enfants!
Plus près de chez nous, dans nos quartiers montréalais, les enfants ne trouvent pas beaucoup de place à eux où on respecte leur droit de vivre pleinement. La rue est dangereuse, les ruelles sont délabrées et peu fréquentables, les logements sont souvent inadéquats, les beaux parcs se font rares et les adultes non recommandables sont nombreux à tourner autour.
Alors que Montréal vient de se doter d’un nouveau maire, j’aimerais suggérer des idées pour redonner la ville aux enfants (extrait d’un texte paru dans le livre Rêver Montréal, ouvrage collectif sous la direction de François Cardinal, paru aux éditions La Presse) :
« Montréal appartient à chacun de nous et c’est à nous tous qu’il importe d’en fabriquer le terreau. Relancer Montréal, c’est ramener la créativité au centre de tous ceux qui y habitent, c’est ramener la liberté des initiatives des milieux et de l’entraide spontanée, c’est aussi et surtout ramener le savoir-vivre et le savoir-être tous les jours de l’année entre Montréalais. Je propose de commencer par les enfants. C’est plus facile, car ils sont déjà en soi un terreau fertile. Ils sont prêts et pourront certainement nous influencer. Commençons par les plus souffrants dans les nombreux quartiers défavorisés de Montréal. Demandons-leur ce qu’ils souhaitent de Montréal, leur ville. Ils la veulent belle et fière, ils souhaitent de beaux parcs et des endroits où ils peuvent jouer en toute liberté et sécurité. Ils optent pour un logement où ils ont un espace à eux sans rats, coquerelles, moisissures et autres rampants qui leur font tellement peur. Mais surtout, ils veulent des adultes qui s’intéressent à eux, qui se conduisent bien avec eux, qui les respectent et qui leur servent de guide et de mentor.
« Puis, il y a tous ceux qui veulent découvrir leur ville, se l’approprier, marcher ses ruelles, franchir sa montagne, explorer son île majestueuse et garder l’espoir d’y contribuer un jour. Mon plus grand espoir, c’est celle de redonner notre ville à tous les enfants, une ville où ils sont aimés et privilégiés dans tous ses recoins, cachés ou non, une cité unique où l’on se préoccupe de leur bien-être et de leurs droits, en priorité.
« Mon plus grand souhait, c’est que tous les décideurs de Montréal, toutes les personnes influentes et tous les adultes consentants se mobilisent pour le succès de tous les enfants, pas seulement une fois l’an, mais chaque jour dans son milieu. Ce serait le moyen de redonner à notre Montréal toute la fierté qui lui revient. Elle se ferait belle pour ses enfants. »
(Source : Chronique du Dr Julien)