Qu’est-ce qu’on aime de Hochelaga-Maisonneuve?
À l’automne 2012, un sondage sur la sécurité a démontré que les citoyens de Hochelaga-Maisonneuve sont préoccupés par les problématiques de toxicomanie, d’itinérance et de prostitution. Pour donner une voix à des résidents touchés par celles-ci, Tandem Mercier – Hochelaga-Maisonneuve a proposé à ces deux organismes de participer au projet Photovoix.
« Nous voulions démystifier la réalité des gens qui utilisent les services de ces organismes. Ils sont, eux aussi, des résidents du quartier, avec leur vision et leur regard du secteur. Nous voulions leur donner la parole », indique le directeur de Tandem, Serge Doucet.
Les participants ont reçu une formation de base avec une photographe professionnelle. Par la suite, ils ont parcouru le quartier avec leur caméra pour immortaliser les éléments qu’ils aiment de Hochelaga-Maisonneuve. Ils ont choisi leurs trois images coup de cœur qui sont exposées jusqu’au 24 janvier, au centre communautaire, culturel, social et éducatif (CCSE) Maisonneuve.
« Ç’a été un honneur pour moi de participer à ce projet. C’est quelque chose que j’attendais depuis longtemps. Dans la vie, nous vivons tous des hauts et des bas. C’est quand on se relève qu’on devient plus fort. Si avec mes photos, je peux montrer l’exemple, prouver qu’on peut sortir des moments difficiles, j’en serais très contente. Je suis fière de tout ce j’ai fait », soutient Ginette, une participante.
« J’étais nouveau à la maison Tangente quand le projet a été lancé. J’y suis entré un peu à la dernière minute. Je suis très content de l’avoir fait. Je n’ai aucun regret. Ça m’a permis de me rapprocher des gens des organismes », souligne David, un des photographes amateurs.
La nature
Parmi la vingtaine de photos présentées dans l’exposition, un grand nombre met en scène différents points de vue de la nature à Hochelaga-Maisonneuve. Des parcs, des arbres, de l’herbe ou même des feuilles ont été captés pour montrer qu’il y a plus à voir dans le quartier que ces commerces et ces immeubles à logements, quelques fois délabrés.
« Nous voulions donner plus de visibilité à ce qu’aiment des citoyens du territoire. Si les participants ont apprécié certains éléments, ça peut être la même chose pour d’autres résidents du quartier. Ça rejoint n’importe qui », laisse savoir M. Doucet.
« C’est un quartier aussi beau que pratique, car il y a tout à proximité. Il y a encore des problématiques, mais il y en a partout à Montréal. Selon moi, Hochelaga-Maisonneuve est le seul quartier qui représente les Québécois francophones. J’ai vécu dans d’autres arrondissements, dont Rosemont – La Petite-Patrie et Cote-des-Neiges – Notre-Dame-de-Grâce et il y a une grande présence d’immigrants et d’anglophones. D’un point de vue social, je crois que c’est ce qui se rapproche le plus de ce à quoi Montréal devait ressembler, il y a 50 ans », fait valoir David.
Exposition itinérante
L’exposition Photovoix se déplacera dans la vitrine du centre local de services communautaires (CLSC) Hochelaga-Maisonneuve, à partir du mois de février, avant de sillonner le territoire hochelagais.
« Nous allons en faire une exposition itinérante qui va parcourir le quartier dans la prochaine année. Nous avons approché des commerces et des institutions pour savoir s’ils étaient intéressés par notre projet. Nous attendons encore des nouvelles. On nous a dit qu’il serait possible d’utiliser des vitrines de commerces inoccupés. Notre objectif est de la montrer au plus grand nombre de gens possible », maintient le directeur de Tandem.
Répondant aux problématiques soulevées dans un sondage, le directeur de Tandem a annoncé que l’activité ne sera pas reproduite, l’année prochaine.
« Nous pourrions toutefois prêter notre matériel à d’autres intervenants voulant s’inspirer de notre projet », mentionne M. Doucet.
L’exposition Photovoix est présentée gratuitement au CCSE Maisonneuve (4375, rue Ontario Est), jusqu’à la fin du moins de janvier 2014.