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Retour des travaux sur Pie-IX: des commerçants se préparent pour «le pire été»

Maude Royal, propriétaire du St-Hubert du boulevard Pie-IX et présidente de l’Association des commerçants Pie-IX Montréal-Nord. Photo: Olivier Faucher - Métro Média

À Montréal-Nord, les commerçants du boulevard Pie-IX se préparent pour une deuxième année difficile. Alors que les travaux majeurs pour aménager le Service rapide par bus (SRB) sont sur le point de reprendre, ce sont les commerces du côté est de l’artère qui écoperont le plus en 2020.

Quelle allure aura le boulevard Pie-IX pour cette deuxième année de travaux? Pratiquement un copier-coller de ce qu’on a pu voir en 2019, mais du côté est du boulevard.

En 2019, c’est le côté ouest qui avait été complètement fermé à la circulation, perturbant fortement l’achalandage de certains commerces, comme le restaurant Dic Ann’s.

«On a vraiment été barricadé pendant 29 semaines», explique Frédéric Ouellette, propriétaire du restaurant. L’accès à ce dernier est devenu si difficile que bon nombre de clients réguliers ont conclu qu’il était fermé.

«Un client sur deux pensait ça, donc ils ne venaient pas», mentionne M. Ouellette, qui indique avoir perdu 350 000$ sur son chiffre d’affaires en 2019, l’équivalent de plus de 40%.

Il compte demander la compensation maximale de 30 000$ qu’offre la Ville de Montréal pour les commerces enregistrant des pertes de plus de 15% sur leurs revenus par rapport à l’année précédente.

Se préparer pour «le pire été»

Maude Royal, propriétaire du restaurant St-Hubert, situé du côté est, a déjà vu une baisse «de 15% à 25%» sur son chiffre d’affaires en 2019. «C’est une moyenne baisse, mais ce n’est pas réjouissant», considère-t-elle.

L’accès à son restaurant sera encore plus restreint en 2020. «On se prépare psychologiquement pour le pire été», dit-elle, bien qu’elle ait «espoir» que ses pertes n’empireront pas.

Quelques centaines de mètres au nord, le Centre des Viandes F. Iasenza, également du côté est du boulevard, voit les obstacles s’accumuler pour sa clientèle.

En plus d’avoir entendu plusieurs plaintes de celle-ci sur la clarté de la signalisation et sur la circulation, il a récemment appris que le stationnement pour ce commerce spécialisé sera encore plus difficile en raison d’une expropriation imposée par la Ville visant à assurer la sécurité des piétons.

«On a demandé de garder notre stationnement», dit le propriétaire Michele Digenova.

Le grossiste en viande dit enregistrer des pertes qui pourraient éventuellement le pousser à prendre des mesures draconiennes, comme le licenciement d’employés ou un déménagement pour quitter l’artère.

M. Digenova ne voit pas d’un bon œil la fermeture de son côté de la rue. «C’est sûr que s’il y a un trou en avant, je ne sais pas comment les gens vont se rendre.»

«Plus personne ne vient manger»

Le restaurant chinois Li Wah, qui partage le même stationnement partiellement exproprié, traverse des moments difficiles. «Il n’y a presque plus personne qui vient manger ici, confie le fils du propriétaire, Peter Chin. On a trois ou quatre clients par jour dans la salle à manger.»

Le restaurant, qui survit maintenant grâce à la livraison, a dû se départir de la majorité de ses serveuses et envisage de réduire ses heures d’ouverture.

Fermetures imminentes?

Selon l’Association des commerçants Pie-IX Montréal-Nord, tous les commerces ont pu survivre à la première année du chantier.

Or, pour Frédéric Ouellette du Dic Ann’s, ce ne serait qu’une question de temps avant de voir des premières fermetures sur ce boulevard. «Je m’attends à voir des commerces fermer d’ici la fin de l’été. On est un commerce solide, une chance, mais ceux qui sont le moindrement vulnérables ne survivront pas.»

Les effets de l’Association

Publicités, lumières décoratives , formations pour les commerçants : l’Association des commerçants Pie-IX Montréal-Nord reçoit 12 000$ par mois de Montréal dans le but de soutenir ses membres et de mettre de l’avant l’artère pour attirer les gens du quartier. La propriétaire du St-Hubert Maude Royal en est présidente. Elle commence à voir la pertinence de son mandat, malgré son scepticisme initial. «J’ai l’impression que ce n’est pas un coup d’épée dans l’eau. Il y a quelque chose qui émerge de ça. Ce n’est pas quantifiable, mais ça fait parler de nous. Ça crée aussi une collaboration avec les commerçants et ça aide.»

 

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