Montréal
20:38 19 mars 2020 | mise à jour le: 19 mars 2020 à 20:42

Situation inquiétante pour un couple de Montréal-Nord en Équateur

Situation inquiétante pour un couple de Montréal-Nord en Équateur
Photo: Collaboration spécialeMichel Petronzio et Elsa Chan, à Quito, cherchent une solution sécuritaire pour rentrer au pays.

Un couple originaire de Montréal-Nord dont l’état de santé est pour chacun précaire a vu son vol d’Air Canada être annulé, une journée avant leur retour prévu d’un voyage en Équateur. Inquiet, leur fils multiplie les démarches pour les ramener au pays.

«Je suis inquiet et frustré. L’ambassade en Équateur ne répond pas et le gouvernement Trudeau ne fait pas grand-chose non plus», déplore Vincent Petronzio, dont les parents Michel Petronzio et Elsa Chan sont toujours à Quito, en Équateur.

Leur vol prévu pour aujourd’hui a officiellement été annulé la veille, alors que la compagnie Air Canada a annoncé avoir suspendu la majorité de ses vols.

L’âge et l’état de santé de ses parents le préoccupent. Son père a 70 ans et est diabétique. Sa mère, qui en a 65, fait de la basse pression.

Pire encore, le couple qui termine son voyage de deux mois n’a presque plus de médicaments, alors qu’ils n’avaient pas prévu rester plus longtemps outre-mer.

«Ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’ils vont manquer de médicaments et que les options qu’il leur restent pour revenir au Canada, c’est de passer par l’Europe ou les États-Unis, où il y a plusieurs cas, exprime Vincent Petronzio. S’ils contractent le coronavirus, qu’est-ce qui arrive? Il y a beaucoup d’inconnu là-dedans. J’aimerais qu’ils ne passent pas par les zones à risque.»

Avion privé à 110 000$

Dans un courriel envoyé notamment à son fils, Elsa Chan témoigne du peu de marge de manœuvre qu’elle a pour se procurer assez de médicaments sur place. «J’ai parlé à la pharmacienne sur notre rue et elle m’a dit qu’elle était autorisée à me vendre des médicaments pour un autre 14 jours.»

Mme Chan fait aussi part des alternatives presque surréelles que lui donne l’ambassade canadienne pour revenir au pays. «L’ambassade nous a donné un contact pour un avion privé, mais ils veulent 110 000$ pour un avion de 17 sièges. Michel a réécrit à l’ambassade et ils trouvent aussi que c’est trop cher.»

Vincent Petronzio multiplie depuis hier les démarches, à l’aide d’autres membres de sa famille, pour rapatrier ses parents. «Vu leur âge et leur condition de santé, ils sont plus à risque. Je veux qu’ils reviennent à la maison et en sécurité le plus vite possible. Ils ne veulent pas de la charité, mais juste rentrer au pays», ajoute-t-il en faisant allusion aux prix exorbitants des vols commerciaux toujours offerts.

Comment alerter le gouvernement

Après avoir contacté le bureau du député de Bourassa, Emmanuel Dubourg, M. Petronzio a suivi la recommandation donnée à tous les Canadiens encore à l’étranger, celle de s’inscrire au Centre de surveillance et d’intervention d’urgence (CSIU) en envoyant un courriel à sos@international.gc.ca.

«Ce qu’on demande aux gens, c’est d’aller s’inscrire à cette adresse courriel pour que le gouvernement sache où vous êtes et qu’on puisse vous envoyer de l’information», explique M. Dubourg en entrevue avec le Guide.

Conscient qu’il existe un risque élevé pour ce couple d’aînés, M. Dubourg insiste tout de même sur le fait qu’il faut passer par les vols commerciaux s’ils sont encore disponibles.

«Dans les avions, je pense qu’il y a énormément de mesures qui sont prises. Je leur conseille de porter des masques et de faire très attention, mentionne-t-il. La difficulté qu’on a, c’est qu’il y a des pays qui vont fermer unilatéralement l’aéroport, ou vont prendre des mesures qui frôlent la loi martiale pour dire que plus personne ne sort.»

Il conseille également de contacter l’ambassade canadienne du pays pour toute situation urgente, comme celle reliée aux médicaments. «Il ne faut pas arrêter d’essayer de les contacter. Il y a des situations qui peuvent être urgentes.»

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