Montréal-Nord
13:19 23 octobre 2020 | mise à jour le: 23 octobre 2020 à 13:19 temps de lecture: 3 minutes

Une fonderie «verte» à Montréal-Nord

Une fonderie «verte» à Montréal-Nord
Photo: Olivier Faucher/MétroJohn Slawvey, directeur des achats de Vestshell, montre la céramique à laquelle l'entreprise a trouvé une deuxième vie.

Une entreprise de Montréal-Nord, qui s’est réinventée pour réduire son empreinte écologique, est devenue un modèle international en matière de développement durable dans son domaine.

En 2014, le directeur des achats de la fonderie Vestshell, John Slawvey, s’est mis à réfléchir à l’impact environnemental de l’entreprise. À l’époque, la fonderie spécialisée en pièces aérospatiales, de défense et médicales produisait chaque mois une dizaine de conteneurs à déchets.

«J’ai décidé qu’on avait envoyé assez de déchets en enfouissement, qu’il fallait faire de quoi» -John Slawvey, directeur des achats

M. Slawvey s’est donc lancé dans des calculs en évaluant un par un chacun des matériaux que Vestshell envoyait aux ordures.

Soutenu notamment par plusieurs partenaires gouvernementaux, il est parvenu à trouver une deuxième vie pour de nombreux déchets et a fait adopter un programme de développement durable au sein de l’entreprise.

Écologique et économique

Après plusieurs années de transformation au sein de Vestshell pour être plus respectueux de l’environnement, c’est aujourd’hui 85% de ses rebuts qui sont réutilisés ou recyclés, alors que la fonderie n’envoie plus que deux conteneurs par mois à l’enfouissement.

Ce qui reste en termes de déchets générés est plus difficile à réutiliser ou recycler, mais M. Slawvey «continue à y travailler chaque jour».

Cette nouvelle façon de faire a aussi permis à l’entreprise de 150 employés de faire des économies substantielles, alors qu’il paie moins pour l’enfouissement. Elle a enregistré en moyenne annuellement des gains de plus de 300 000$.

Le plus grand exploit de Vestshell a été de trouver preneur pour les résidus de céramique après trois ans de démarches. Étant une fonderie, il doit utiliser chaque mois près de 40 000 livres de céramique pour y faire fondre les pièces en acier.

Efforts reconnus

Les résultats du programme de développement durable de Vestshell lui ont valu le prix «Réalisation championne» chez les moyennes et grandes entreprises au gala du conseil régional de l’environnement de Montréal, tenu le 7 octobre.

Le fabricant nord-montréalais traverse même les frontières, alors qu’il s’est vu remettre le prix de «Innovator of the year» par le Investment casting institute, une association internationale faisant la promotion des meilleures pratiques de fonderie.

L’entreprise donnera d’ailleurs une conférence afin de partager son programme de développement durable aux autres fonderies du monde.

«Si chaque fonderie est capable de faire ça, ça peut avoir un gros impact sur l’environnement», mentionne M. Slawvey.

Mais le soutien de partenaires et la collaboration d’autres entreprises font aussi partie de la recette pour Vestshell, des conditions qui ne sont pas présentes partout dans le monde.

«Aux États-Unis par exemple, si on n’a pas de genre de support-là, ça devient plus compliqué pour une entreprise d’émerger avec ce genre solution-là», convient le superviseur du trempage, Olivier Houle.

Articles similaires