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Une mémé réveillée!

Collin-Lalonde Anabel - TC Media

Elle manifeste en chantant, s’indigne de l’irresponsabilité des citoyens et du désir trop grand des politiciens de gagner des votes au lieu de leur désir de façonner leur vision. Il y a de ça 10 ans, une résidante de Montréal-Nord créait la joyeuse bande des Mémés Déchainées, question de réveiller la population.

Louise-Édith Hébert ne se cache pas qu’elle est incapable de dire non. Elle a d’abord travaillé à la Maisonnette des Parents, une maison de la famille dans le quartier Rosemont-La-Petite-Patrie, puis elle a cofondé l’organisme La Place des enfants, un endroit pour accueillir les jeunes du primaire après les heures d’école et les sortir de la rue. Elle s’est également engagée avec l’Association pour la Création Littéraire chez les Jeunes. Mais bien avant tout cela, elle a suivi une formation en arts et s’est instinctivement dirigée vers la musique. Le piano et le chant, surtout, sont ses passions. Elle portait déjà plusieurs chapeaux, les uns par-dessus les autres, lorsque son amie Anna-Louise Fontaine lui parle de ce mouvement dont elle a pris connaissance dans un colloque. « Les Raging Grannies, connais-tu? »

Les Raging Grannies

C’est un groupe de femmes d’âge mûr créé à Victoria en Colombie-Britannique pour réagir aux préoccupations mondiales. Dès leurs débuts en 1987, ces femmes prennent une approche différente. Elles se moquent du stéréotype associé aux « mémés » et revêtent des chapeaux rigolos, se couvrent de châles et sortent leurs broches à tricoter. Accoutrées ainsi, elles marchent dans la rue et chantent leur désaccord. Leur message est positif et l’attention qu’elles reçoivent l’est aussi. Depuis, un chapitre des Raging Grannies s’est installé à Montréal, mais en 2000, un pendant francophone n’existait toujours pas.

L’autre discours

Anna-Louise Fontaine pond donc l’idée des Mémés Déchaînées et Louise-Édith Hébert embarque. La perspective de se réunir et de « faire les folles » lui plaît. Cette année, leur organisme communautaire fête ses 10 ans. Avec le temps, une dizaine de bénévoles se sont jointes à eux. Toutes ont le même contrat : lutter pour la sauvegarde de la beauté du monde. En pratique, elles se réunissent deux fois par mois et, d’un commun accord, décident des causes qu’elles appuieront et inventent des paroles de chansons pour les causes qu’elles n’appuient pas. Souvent, les mêmes problématiques resurgissent. « Assez, c’est assez », nous dit Mme. Hébert. « Le cynisme, l’inaction et le discours négatif, nous devons les changer », renchérit-elle. Elles prêchent par l’exemple et chantent un discours positif et encourageant.

Notre temps c’est maintenant

Alors quel avenir souhaite-elle aux Mémés Déchainées? « Qu’elles gardent leur autonomie. Nous n’avons pas d’attaches avec le gouvernement. Pas de chaînes, pas de limites », répond-elle. Elle parle aussi du fil commun qui les unit; elles sont réveillées, à l’écoute et s’émerveillent encore de la beauté du monde. « J’entends souvent des aînés dire, « Dans mon temps, ça ne se passait pas comme ça », et moi de leur répondre, mais votre temps c’est maintenant! » Elle est ferme sur ce point; les aînés ont encore un travail à faire. La septuagénaire ne compte pas prendre sa retraite de sitôt ; ses engagements lui sont beaucoup trop chers. Elle sera d’ailleurs en lice pour le prix de Bénévole de la paix lors de la 25e édition des Médailles de la paix le 18 novembre. Cette reconnaissance est certainement un gain pour les Mémés Déchaînées.

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