Le bureau de Line Beauchamp saccagé
Vers 8 h 30, un groupe de manifestants s’est rendu face au 5879 boulevard Henri-Bourassa Est. « Une quinzaine d’entre eux, qui étaient masqués, sont entrés à la course dans l’immeuble et sont montés au troisième étage, rapporte l’employé d’un restaurant situé au rez-de-chaussée de l’immeuble. Ils sont ressortis deux minutes plus tard. »
Une personne à l’emploi du bureau de comté de Line Beauchamp était sur place quand les individus ont défoncé les portes, mais elle n’aurait pas été blessée. Dans les couloirs adjacents au bureau, divers graffitis s’adressant à la ministre en des termes peu élogieux ont été faits sur les murs.
Au moment de notre passage, les policiers du service de l’identification judiciaire étaient toujours sur place pour recueillir des preuves. Ils tentent notamment de prélever des empreintes digitales. En plus des portes vitrées qui ont été fracassées, le mobilier du bureau ainsi qu’un téléviseur auraient été vandalisés.
« On dénonce toute forme de vandalisme et d’intimidation, a déclaré sur place Hélène Sauvageau, attachée de presse de Line Beauchamp. Ça dépasse le mouvement étudiant, c’est rendu de la perturbation sociale, un mouvement radical. »
Journalistes arrêtés
Les activités commerciales de l’immeuble de trois étages ont été entravées pendant une partie de la journée. Les personnes qui avaient rendez-vous, notamment dans un cabinet de dentistes situé près des bureaux de la ministre, devaient montrer patte blanche aux policiers qui gardaient l’entrée de l’immeuble.
Le SPVM rapporte que sept personnes ont été arrêtées, dont un journaliste de La Presse qui a plus tard été libéré. Cependant, les policiers ont conservé le téléphone cellulaire avec lequel il aurait filmé une partie de l’incident. En entrevue au 98,5 FM, le directeur de l’information de La Presse, Mario Girard, a dénoncé ce geste.
Après cette visite au bureau de Line Beauchamp, jusqu’à 200 manifestants ont défilé sur le boulevard Henri-Bourassa en direction ouest, avant que le SPVM ne déclare illégale la manifestation à l’intersection du boulevard Pie-IX. D’autres arrestations ont été effectuées à cet endroit, et cette fois c’est un photographe du quotidien qui s’est fait prendre au piège, avant de lui aussi être libéré quelques heures plus tard. Une personne sera accusée d’introduction par effraction en lien avec le saccage du bureau de la ministre et six autres pour participation à un attroupement illégal et méfaits. Une autre arrestation, celle d’un homme de 20 ans, a été effectuée samedi dernier en lien avec le saccage.
Rappelons que la ministre Beauchamp est engagée dans un bras de fer avec les étudiants des cégeps et universités qui sont en grève depuis près de deux mois pour protester contre la hausse des frais de scolarité.