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La Journée de la femme : plus nécessaire que jamais

Collin-Lalonde Anabel - TC Media
Les petites victoires, comme les femmes qui s’inscrivent à Halte-Femmes et utilisent ses services, le centre les célèbre. Mais l’organisme à l’approche féministe est également conscient que le mouvement des femmes a reculé de quelques cases. C’est pourquoi le 8 mars, Journée internationale de la femme, est un moment privilégié autant pour reconnaître les gains de ce mouvement que pour dénoncer les injustices.

« Le 8 mars a sa place plus que jamais », croit Sylvie Charbonneau, coordonnatrice à Halte-Femmes. Elle invoque certains acquis qui sont remis en question, tels l’avortement, le système de santé public et l’accessibilité aux études universitaires.

Si elle est d’accord qu’il y a également matière à célébrer, elle déplore que certains le fassent comme si c’était la Saint-Valentin. C’est plutôt une journée, qui devrait rassembler les femmes autour de la question, « Où sommes-nous rendues? », nuance-t-elle.

En plus de servir à faire un pareil bilan, la Journée internationale de la femme peut agir comme un véhicule de sensibilisation. Le combat contre la violence conjugale, par exemple, est loin d’être achevé, selon les dires de Mme Charbonneau.

2000 appels par année

Travaillant dans un milieu spécialisé dans ce type de violence, les 13 employées d’Halte-Femmes y sont confrontées chaque jour. D’ailleurs, la Table de concertation en violence conjugale-secteur nord chiffre à 2486 les événements criminels reliés à la violence conjugale qui ont été rapportés au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) de 2008 à 2009. Près de 36 % d’entre eux avaient eu lieu à Montréal-Nord. De son côté, le centre des femmes reçoit environ 2000 appels par année qui ont trait à la violence conjugale.

Mme Charbonneau jette en partie la faute sur la société. « La population doit utiliser les bons termes, soutient-elle. Ce n’est pas un drame familial, c’est de la violence conjugale. » Selon elle, un drame familial responsabilise la victime plutôt que de mettre la responsabilité sur la personne qui a commis l’acte de violence. « Personne ne fait le choix d’être frappé », observe-t-elle.

Un projet embryonnaire

Cette année, les femmes sont invitées à célébrer la Journée de la femme avec l’équipe d’Halte-Femmes, dès 10 h, dans leurs locaux de la rue Léger. L’année dernière, l’organisme s’était joint au Centre interculturel des femmes Claire, à Entre Parents, à Un itinéraire pour tous et à plusieurs citoyennes engagées pour créer un forum citoyen. Le 8 mars dernier, une centaine de femmes ont marché jusqu’au bureau de la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, pour lui remettre un cahier contenant 260 revendications.

Le comité organisateur de cet événement s’est par la suite transformé en conseil des Nord-montréalaises. « Le but est que les citoyennes aient plus de poids politique afin d’aller chercher des réponses auprès des élus, explique la coordonnatrice d’Halte-Femmes. Nous avons fait une demande de subvention pour « marrainer » le projet. Cela reste encore très embryonnaire. »

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