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Temps des Fêtes, tant de défaites

Le temps des fêtes est arrivé, les décorations de Noël sont accrochées et les lumières scintillent sur les arbres des grandes artères. Le départ est donné pour la folie de la consommation de masse et, comme des affamés, nous allons nous ruer sur les étalages colorés des magasins d’électronique, de jeux de dernière génération, de bijoux ou, plus sagement de livres ou de disques. En même temps, le signal est envoyé pour le lancement des guignolées, pour des causes toutes plus importantes l’une que l’autre.

Partout, on nous rappelle qu’il faut être heureux en ce temps de réjouissances : Joyeuses fêtes ! Il faudrait l’être davantage qu’en tout autre temps de l’année. Je n’ai pourtant pas l’âme à la fête. Coup sur coup deux études sont venues souligner pourquoi cette période de fin d’année sera encore moins matière à fêter pour bon nombre de nos concitoyens.

D’abord, le Rapport du Directeur de santé publique 2011, Les inégalités sociales de santé à Montréal, rappelle que la pauvreté a des impacts sur la santé. L’effet est que les écarts entre certains quartiers est violent : les plus pauvres vivent 11 ans de moins que les plus riches ! Et pourtant, le Directeur de santé publique nous rappelle que les solutions existent : de meilleurs revenus pour vivre, des services de garde accessibles aux plus pauvres, du logement social, de meilleurs services pour l’accueil et l’intégration des immigrants, etc.

Comme si ce n’était pas suffisant, Les Affaires publiait dans un article paru le 5 décembre, les résultats d’une étude de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques). On peut y lire : Le revenu moyen des 10% les plus riches du Canada représente aujourd’hui environ dix fois celui des 10% les plus pauvres.

Le revenu moyen des Canadiens faisant partie des 10% les plus fortunés en 2008 était en effet de 103 500$, comparativement à 10 260$, pour la tranche de 10% possédant le revenu moyen le moins élevé.Ce ratio de 10 à 1 est plus élevé que celui de 8 à 1 observé au début des années 1990. Dans la zone OCDE, le ratio est maintenant de 9 à 1. Et tout cela suite à la suite d’une période de croissance économique soutenue !

Il faudra décidément bien plus qu’un appel au partage durant le temps des fêtes pour que les choses changent. Le plus grand accommodement raisonnable serait que, durant toute l’année, le partage, la répartition de la richesse soient au coeur de l’organisation de notre société. On pourrait enfin se reposer, vraiment joyeux, dans le temps des fêtes.

 

Patrice Rodriguez

coordination@parole-dexclues.ca

 

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