Hôpital Sainte-Anne: le transfert traîne en longueur
«On a été tenu à l’écart tout le long des discussions, mentionne Jean-Marc Côté, président intérimaire du syndicat des employés des Anciens combattants (SEAC). Tout ce qu’on peut faire est de se tenir prêts à réagir si le résultat final pour nos conditions d’emploi n’est pas favorable. On ne rêve pas en couleurs, on sait qu’on va subir une grosse baisse de salaire. Elle sera de près de 15%. L’important est que notre ancienneté soit reconnue. On espère le meilleur pour le futur. On s’attend à un transfert en mars 2015.»
L’objectif du changement de juridiction est de combler les lits vacants en offrant des soins à un public élargi. Depuis quelques années, l’établissement de santé est confronté à la décroissance du nombre d’anciens combattants de la deuxième guerre mondiale et de la guerre de Corée qui remontent tout de même à la fin de la première moitié du 20e siècle. En tout, 112 lits sur 446 sont vacants à l’hôpital de Sainte-Anne.
«Trois unités sont fermées, car il n’y a pas suffisamments d’admission pour combler toutes les places On veut maximiser notre expertise et utiliser les lits qui sont libres», explique Maggie Michaudville, directrice des communications de l’hôpital Sainte-Anne.
L’hôpital n’accueille pas d’autres patients que les anciens-combattants. «On n’a pas l’autorité de traiter d’autres personnes, car l’établissement relève du fédéral. De là la pertinence de transférer l’hôpital au provincial qui a les compétences en matières de Santé. Sinon, on va vivre une décroissance continue, ajoute Mme Michaudville. Même une fois sous l’autorité du gouvernement du Québec, le ministère des Anciens combattants contribuerait financièrement pour assurer le maintien du niveau de soins offert aux vétérans.»
Le silence des gouvernements
Selon Audrey Jacques, conseillère en communications au ministère des Anciens combattants, la priorité est de s’assurer que les vétérans continuent de profiter de l’expertise des employés en place.
Au provincial, la porte-parole du ministère de la Santé, Marie-Claude Lacasse spécifie qu’aucune date n’est fixée pour le transfert. «On ne peut pas commenter ou donner plus de détails pour l’instant.»
Pour le député fédéral de Lac Saint-Louis, Francis Scarpaleggia il est impératif de rendre disponible cet établissement au grand public. «On ne peut pas se permettre d’avoir un hôpital avec des unités qui sont vides», exprime-t-il.
M. Scarpaleggia s’attendait à une conclusion au printemps et même cet automne. «J’aimerais que le gouvernement communique davantage avec les députés de la région. Il ne fait pas preuve de grande transparence dans ce dossier», lance-t-il.
Aussi connu sous le nom d’hôpital des Anciens combattants, l’établissement de santé est le dernier hôpital fédéral du ministère des Anciens combattants à ne pas encore avoir été transféré au provincial.
En négociation depuis cinq ans
Selon le syndicat, les négociations durent depuis cinq ans. En 2012, les gouvernements du Canada et du Québec ont signé un accord de principe concernant le transfert éventuel de l’hôpital Sainte-Anne à la province. Ce transfert devait avoir lieu à l’automne 2013, mais il semble qu’il restait des éléments sur lesquels les deux parties devaient s’entendre.
«C’est un gros dossier qui implique des acquisitions de terrains et de biens immobiliers en plus de nécessiter des consultations sur le personnel par les ressources humaines», souligne Yvan Thauvette, président national du SEAC.
Comme il y a de moins en moins d’anciens combattants qui font des demandes d’admission, l’objectif de ce changement de juridiction a toujours été de maintenir et de maximiser l’expertise que l’établissement possède en matière de gériatrie et de psychogériatrie, tout en mettant des lits disponibles pour le public.
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