Soutenez

La fin d'une époque au village de Pointe-Claire

Après 17 ans de bons et loyaux services à la communauté, le resto-pub Clydes fermera ses portes le 1er décembre prochain au grand dam des deux copropriétaires Bernie Bonnenberg et Matt Stephens.

«Après avoir fait mes calculs, je peux affirmer avoir passé 40% de ma vie ici», a dit Stephens lundi après-midi. «Ça sera difficile de tourner la page», a-t-il ajouté.  

 Stephens et Bonnenberg devront passer à autre chose, même s’ils n’en ont pas envie. Le bail pour de leur immeuble situé au 286 chemin Bord-du-Lac dans le village de Pointe-Claire, l’ancien Pointe Claire Hotel, se termine le 30 novembre et la paire d’associés n’est pas arrivé à une entente avec le propriétaire de la bâtisse Ron Bracken pour un nouveau bail.

«Nous n’entretenons pas d’amertume envers le propriétaire», a tenu à préciser M. Bonnenberg. «Nous cherchons simplement à aller de l’avant et rouvrir à un autre endroit.» Les deux partenaires disent qu’ils sont présentement en recherche d’endroits potentiels pour rouvrir le Clydes «entre Sainte-Anne-de-Bellevue et Dorval au sud de l’autoroute 40», a confirmé M. Bonnenberg. «Nous espérons sincèrement que ce n’est pas la fin de Clydes… seulement la fin de Clydes dans ce bâtiment», a ajouté M. Stephens. 

La fermeture de Clydes va marquer la fin d’une époque dans le village de Pointe-Claire, une ère marquée par la place prédominante occupée par le resto-pub en tant que centre communautaire de tout acabit. «Nous aimons faire partie de cette communauté et aider les autres», a dit M. Bonnenberg. «Nous soutenons souvent des œuvres de charité et c’est quelque chose qui nous apporte beaucoup de fierté». Un autre souvenir auquel les associés accordent beaucoup d’importance est le fait que le resto-pub a servi de refuge pour bien des gens lors de la tempête de verglas de 1998. 

«Nous avons travaillé comme des damnés pendant six ou sept jours ici, à nourrir les gens et à envoyer de la nourriture au centre aquatique de Pointe-Claire. Ça a été une dure semaine de travail, mais c’était important pour nous d’être ouverts, d’aider les gens à se réchauffer, se nourrir et à commencer à se sentir mieux», a dit M. Bonnenberg. «Même les services de secours venaient manger ici avant de retourner au travail», a ajouté M. Stephens.

L’impact de Clydes sur la communauté au cours des années ne peut être sous-estimé. Son «Festivus for the Rest of Us», une fête annuelle était devenue un évènement social d’importance pour les résidants de l’Ouest-de-l’Île habitant le coin, ou revenant à la maison pour les fêtes. Les soirées karaoké du mercredi attiraient les foules, tout comme le party d’Halloween de vendredi dernier.  

«La file d’attente à l’extérieur était longue et il y avait évidemment beaucoup de monde ici, mais ce fût une célébration sans aucune altercation. C’est ça notre réputation».

Clydes a depuis longtemps la réputation d’être un endroit propice aux rassemblements des jeunes et des adultes jeunes de cœur, également. En fait, c’est un des seuls endroits où on peut voir des enfants devenus adultes socialiser avec leurs parents. «Nous avons reçu énormément d’appels au cours des années», a dit M. Bonnenberg. «Mais une des raisons qui fait que nous sommes fiers de cet établissement est que les parents peuvent dormir tranquilles, sachant que leurs enfants sont ici parce qu’il n’y a jamais de troubles au Clyde’s».

M. Stephens dit que pour leur dernier mois dans le bâtiment du 286 chemin Bord-du-Lac, les deux associés allaient tendre la main à la communauté et accueillir à bras ouverts les anciens employés et clients réguliers. Plusieurs évènements sont au programme, incluant une réunion de Feesh, un groupe de musique formé par plusieurs professeurs locaux, le 18 novembre et une collecte de fonds mettant en vedette les Stone Doctors, un groupe de reprises des Rolling Stones, le 26 novembre.

«Les Stone Doctors viennent d’habitude jouer en février, mais ils tenaient à venir jouer une dernière fois avant la fermeture, alors nous sommes très contents de cela. On espère que les gens vont venir d’ici la fin du mois pour dire au revoir», a dit M. Bonnenberg. «Au revoir pour l’instant en tous cas», a précisé M. Stephens. 

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.