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Vitesse au volant : levez le pied!

La vitesse au volant est un problème qui ne date pas d’hier, mais qui continue à faire des ravages. Le journal Cités Nouvelles pointe du doigt les endroits de l’Ouest-de-l’Île où les automobilistes font des excès de vitesse, petits et grands. Des policiers de la région ont accepté de témoigner.

Pour l’agent de circulation du poste de quartier 5, François Lachapelle, des automobilistes qui font des excès de vitesse, il y en a beaucoup. La voie de desserte de l’autoroute 40 est à l’approche du boulevard Saint-Jean à Pointe-Claire est problématique. «Les gens arrivent en fou», malgré le fait que le policier se place à 700 mètres de la sortie de l’autoroute. Muni de son cinémomètre laser, l’agent peut cibler avec précision une voiture qui roule rapidement. «Encore récemment, j’ai arrêté quelqu’un à 105 km sur le boulevard Saint-Jean en plein milieu d’après-midi», dénonce le policier qui travaille en circulation depuis 13 ans. Les gens roulent aussi rapidement dans les zones scolaires, notamment sur l’avenue Douglas-Shand. Contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas juste des jeunes qui roulent vite, mais monsieur madame tout le monde. 

Selon l’agent Lachapelle, le fait que la sécurité routière est une priorité organisationnelle du SPVM depuis quelques années, en plus des nouvelles mesures de la SAAQ, a toutefois amélioré la situation. Un message que le policier aimerait lancer aux automobilistes: la majorité des policiers que je connais ne donnent pas des contraventions pour faire des quotas, mais en donnent aux gens qui exagèrent et représentent un danger sur la route. «Ça serait plate qu’ils l’apprennent dans un accident plutôt que par une contravention», assure-t-il.

Pour l’agent de circulation du poste de quartier 1, Jacques Monast «bon nombre d’automobilistes croient que la vitesse indiquée en bordure de la chaussée est une vitesse minimum. Ils se donnent le droit d’aller 5, 10, 15, 20 km haut dessus de la limite. C’est faux». Dans les zones scolaires, certains automobilistes fautifs se justifient en disant que les gens roulent plus vite que la limite.

Sur le boulevard Saint-Charles entre le boulevard Pierrefonds et l’autoroute 20, les agents remarquent assez fréquemment des excès de vitesse. Lorsqu’il y a moins de circulation dense, plus de gens accélèrent.

«J’ai vu des accidents mortels avec la vitesse, des accidents avec blessés graves et des accidents avec aucun blessé. C’est chanceux, mais il faut faire attention aux accidents avec haute vélocité. Des fois, il n’y a pas de blessure, mais il peut y avoir des traumas intérieurs où la personne peut avoir une hémorragie intérieure et (ça va) la tuer plus tard. Des blessures qu’on ne peut pas voir physiquement», soutient le policier.

Il y a quelques années, l’agent Monast a été témoin d’un accident à Ville Saint-Laurent qui l’a marqué. Un jeune de 20 ans conduisait rapidement avec sa Mazda Rx 8 et a mal pris une courbe près du rond-point de Côte-de-Liesse. Le jeune homme a dérapé, fait un 180 et frappé un lampadaire. La voiture a frappé un mur de ciment, a bondi du mur et a monté dans les airs. La voiture est retombée et a fait trois tonneaux. Le conducteur était bien attaché, mais en est décédé par l’impact. Une hémorragie interne. En pleine nuit, le policier a dû aller informer la famille que leur fils était décédé.

De son côté, l’agente sociocommunautaire du PDQ 4 Chantal Castonguay rappelle que les accidents de la route arrivent partout. Le 11 avril 2009, une voiture roulait à très haute vitesse sur le boulevard Brunswick en direction est vers 1h du matin. Le conducteur a dépassé un véhicule par la gauche et a fini par perdre le contrôle. La voiture a dérapé, frappé la chaîne du trottoir et capoté sur 100 pieds. Trois personnes de 31 et 32 ans se trouvaient à l’intérieur du véhicule qui a violemment frappé le mur du 88 Brunswick. Le conducteur est décédé, ainsi que le passager arrière qui a été éjecté.

Pour l’agent sociocommunautaire du PDQ3 Daniel Maheu plusieurs automobilistes font de la vitesse sur boulevard Gouin près de l’école Saint-Gérard. Il n’est pas rare qu’en seulement 1h, les agents soient capables d’intercepter une dizaine d’automobilistes fautifs. Les gens vont aussi vite sur le boulevard Gouin près du bois de Liesse et sur le boulevard Pierrefonds près de l’hôtel de ville. À l’île Bizard, le chemin Dutour et la montée Wilson sont des endroits où des automobilistes effectuent de la vitesse et même des courses. En moyenne, les policiers du PDQ3 interceptent trois véhicules qui font de la très grande vitesse par semaine.

255 décès par année

Selon la porte-parole de la SAAQ Audrey Chaput, on dénombre chaque année environ 255 décès dus à la vitesse, 1000 blessés et 10 700 blessés légers depuis 5 ans. Depuis 2007, plusieurs mesures ont été adoptées, entre autres, au niveau des grands excès de vitesse (exemple : 40km/h de plus dans une zone de 60km/h et moins) qui sont plus sévèrement pénalisés. «Depuis 2007, oui le bilan s’améliore, mais on ne peut pas dire que c’est à cause d’une seule mesure. C’est l’ensemble des mesures en plus de la sensibilisation (de la SAAQ) et du travail des policiers sur la route qui fait une différence», conclut Mme Chaput. 

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