Roxboro: Une résidence en déficience intellectuelle indispose dans le voisinage
Quelques incidents sont à l’origine de plaintes de voisins, dont l’épisode d’une dame probablement autiste qui se serait précipitée dans la rue et aurait failli se faire frapper.
La Fondation du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants de développement (CRDITED) de Montréal est propriétaire de la maison depuis le 15 août dernier. Les usagers de cet établissement de services spécialisés ont intégré la résidence en septembre.
L’arrondissement a envoyé un avis de non-conformité aux propriétaires il y a un peu plus d’une semaine. «Selon le règlement de zonage, ce type de services peut être offert seulement dans des zones institutionnelles et non résidentielles, explique Bassam Chaarani, chargé de communication à l’arrondissement de Pierrefonds–Roxboro. Ils sont dans l’illégalité et sont déjà avisé. Ce dossier risque de prendre un virage légal».
Le CRDITED n’est pas du même avis. «Cette résidence n’est pas une institution au sens de la loi, mentionne l’agente d’information Sylvie Carle. Les personnes qui y vivent sont accompagnées par du personnel du CRDITED pour développer leur aptitudes à vivre en société. On ne parle plus d’institution depuis la désinstitutionnalisation. Ce sont des milieux de vie. C’est pour cette raison que notre établissement n’a pas demandé de permis d’occupation particulière à l’arrondissement au moment de l’achat. C’est habituel.»
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À Montréal, on compte une trentaine de résidence à assistance continue. Les personnes hébergées payent un loyer pour le gîte et le couvert. Selon Mme Carle, une intervention spécialisée est offerte en tout temps, 24h sur 24.
«Des discussions sont en cours entre l’arrondissement et la direction du CRDITED. On veut expliquer le statut de cette résidence et régler ça au meilleur pour chacun. Il y aura peut-être des recours qui vont suivre si l’arrondissement n’est pas satisfait ou a des inquiétudes», a ajouté Mme Carle. En lien avec l’usagère qui s’est précipitée dans la rue, selon un voisin qui a pris la parole lors du dernier conseil d’arrondissement, elle a indiqué qu’il y aurait peut-être matière à installer une clôture.
Une rencontre annulée
À la suite des plaintes des voisins, la conseillère du district du Bois-de-Liesse, Justine McIntyre avait été invitée à une rencontre avec des responsables du Centre de réadaptation le 7 octobre. Elle a par contre annulé le rendez-vous la veille.
«J’ai eu un malaise, partage Mme McIntyre. Cette maison n’est pas clôturée, alors qu’elle est située dans un secteur résidentiel où il y a une forte concentration d’enfants. L’emplacement situé pas très loin de la rivière n’est pas approprié non plus. Si tout avait été fait dans l’ordre, il aurait été raisonnable d’aller s’asseoir avec eux. Comme l’arrondissement a entamé une démarche, il était mieux également de laisser évoluer les choses de façon formelle.»
En septembre, lors du rendez-vous mensuel «Le samedi des citoyens», c’est la conseillère qui a accueilli un groupe de 15 voisins venus dénoncer la situation. «Ils ont eu beaucoup de problèmes et ne savaient plus quoi faire. Certains ne voulaient même plus profiter de leur cour, car ils entendaient crier et hurler dehors. Des voisins ont même reçu la visite d’intervenants qui cherchaient un usager.»
Michel Joly, un des voisins qui a fait une montée à la séance publique du conseil d’arrondissement du 6 octobre en disant qu’il y avait de l’agressivité dans l’air sur la 5e avenue Nord a mentionné au Cités Nouvelles que la situation était moins pire. Il n’a pas voulu commenter davantage, invoquant des raisons juridiques.