Un film et une polémique
Réalisateur de Durs à cuire, Sauvage et récemment Premier Amour, le documentariste Guillaume Sylvestre a filmé durant toute une année, de septembre 2011 à juin 2012, les étudiants de secondaire V de l’école publique PGLO. Une année aussi perturbée par les manifestations étudiantes.
«À travers un accès privilégié et un regard sans complaisance, Secondaire V offre une fenêtre unique et fascinante sur notre système d’éducation et sur le Québec de demain», annonce Ex-Centris.
Le cinéma diffusera dès vendredi ce film qui présente le quotidien des élèves et des enseignants du secondaire V à l’école publique Paul Gérin-Lajoie d’Outremont, un établissement qui dessert une clientèle multiethnique et dont les activités ont été perturbées durant la grève étudiante du printemps 2012.
«Le film montre ce que nous ne voyons jamais entre les murs de l’école et brosse un portrait intimiste d’une humanité brute et contrastée en pleine ébullition.» Et certaines scènes ont fait réagir les journalistes Sophie Durocher et Lise Ravary sur leurs blogues.
Gaétane Marquis, la directrice de l’école PGLO a tenu à corriger le tir. «Nous avons vu le film en octobre lors d’un pré-visionnement. La bande annonce est peu représentative du film et de notre école.»
Des jugements blessants
«L’équipe de tournage a passé 70 jours dans l’école à raison de deux ou trois jours par semaine», précise-t-elle. «Pour le scénario de son documentaire, le réalisateur a fait des choix où l’envers de la médaille n’apparaît pas. Ce qui a amené dans les médias des jugements blessants pour toute la communauté de notre école: les 608 élèves de PGLO, les enseignants, le personnel et les parents.»
«Si le fil conducteur démontre qu’il n’est pas facile d’avoir 17 ans et qu’on doit se préparer à une transition difficile vers le cégep, il ne montre jamais un élève qui fait quelque chose de bien», déplore Gaétane Marquis.
«Le documentaire omet nos programmes reconnus d’Art dramatique, d’Action citoyenne, de Francisation dans les classes d’accueil, etc. Le film semble prendre une photo en négatif de l’école publique dans son ensemble et c’est dommage.»
«J’invite n’importe qui, n’importe quand à venir se promener dans l’école pour y découvrir un milieu de vie enrichissant et dynamique, avec ses hauts et ses bas, nous sommes d’accord, mais qui ne représente qu’une infime partie de ce que nous vivons au sein de notre communauté d’école.»
La réplique des bergers aux bergères
Alexandre Petitclerc et Mattis Savard, deux anciens élèves de PGLO ont par ailleurs publié une réplique à Sophie Durocher en parlant carrément de désinformation.
«On met l’emphase sur quelques élèves, à l’occasion maladroits, et sur un cours de sexualité qu’un professeur qui a, entre autres, une formation dans le domaine, croit bon de nous donner», écrivent-ils.
Ils y interpellent également Guillaume Sylvestre en parlant cette fois de salissage. «Dans ton film, Guillaume, tu as fait de nous des objets servant à faire passer une idéologie qui n’est pas la nôtre.»
«Est-on sérieux quand on a 17 ans?», questionnait Arthur Rimbaud. «Ces deux élèves ont été respectivement et successivement présidents du Conseil des élèves de PGLO entre 2011 et 2013», ajoute Gaétane Marquis.
«À ce titre, Alexandre a participé aux négociations avec la direction pendant le printemps érable, et Mattis a reçu le prix Forces Avenir – Élève engagé dans sa communauté». Selon elle, leur réplique remet les pendules à l’heure et vaut tous les démentis officiels.
Les textes concernés
Les textes abordés dans cet article sont accessibles ici…
– « « Secondaire V, comme, genre », la réplique (ou l’art de se tirer dans le pied) » sur amlaet.wordpress.com
– « Secondaire V, comme, genre… », par Sophie Durocher sur blogues.journaldemontreal.com
– « Secondaire V, un film coup de poing », par Lise Ravary sur blogues.journaldemontreal.com