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Secteur Atlantic: L'installation de parcomètres déplait aux travailleurs

Le projet de la mairesse Marie Cinq-Mars d’installer des parcomètres dans le secteur Atlantic fait rager les employés des commerces industriels. Si le conseil d’arrondissement vote en sa faveur, ils devront payer de leur poche jusqu’à trois dollars de l’heure pour stationner leur voiture pendant qu’ils travaillent.

Marie-Pier Gagné

C’est que peu de commerces possèdent leurs propres espaces de stationnement dans ce secteur industrialisé, ce pourquoi les employés se garent dans les rues à proximité.

Mais à la dernière séance du conseil d’arrondissement, le 7 juillet, Marie Cinq-Mars a exprimé son intention de procéder à l’installation de parcomètres à cet endroit. «Si on fixe le tarif à deux dollars de l’heure, on aurait 140 000$ de plus dans nos poches annuellement. Et si on décide qu’on charge trois dollars, c’est encore mieux. Cela nous ferait 212 000$ de plus», a insisté la mairesse.

Cette idée, quoi qu’elle permettrait à l’arrondissement de pouvoir mieux respirer financièrement, ne plait pas aux quatre conseillères, qui refusent d’appuyer le projet.

«On ne peut pas ruiner nos citoyens pour renflouer nos coffres, ça ne se fait pas», a affirmé la conseillère Jacqueline Gremaud.

Les autres élues, Lucie Cardyn, Mindy Pollack et Céline Forget, sont allées dans le même sens que leur collègue. Selon elles, il serait plus efficace d’augmenter le tarif des parcomètres qui sont déjà installés sur les grandes avenues commerciales, comme Laurier et Bernard.

«On ne peut pas pénaliser le secteur Atlantic, a continué Mme Cardyn. Les gens qui travaillent dans ce coin gagnent souvent le salaire minimum (10,35$). Ils ne peuvent pas se permettre de payer plus de 15$ par jour en stationnement. C’est impensable!»         

Assumer les coûts

Visiblement préparée à entendre sortir cet argument de la bouche de ses collègues, Mme Cinq-Mars s’est rapidement défendue, en déroulant une longue liste des entreprises situées dans le secteur visé.

C’est certain que si on parlait de travailleurs qui gagnent le salaire minimum, ce serait difficile, a-t-elle mentionné d’emblée. Mais là, ça n’a rien à voir. On parle de photographes, d’agents de voyage, de menuisiers, de publicistes, d’éditeurs et d’architectes, entre autres. Ces gens-là, ils ont le moyen d’assumer les coûts.»

Travailleurs en colère

Loin de partager l’avis de la mairesse Cinq-Mars, quelques travailleurs rencontrés par L’Express ont dénoncé l’installation de parcomètres, qu’ils jugent déplorable.

«C’est un grand manque de respect envers nous, estime Mario Bolduc, menuisier de formation. Ça veut dire que chaque jour, je vais travailler environ 1h15 pour payer mon stationnement. C’est ridicule.»

Certains ont même confié que si ce projet devait se concrétiser, ils ne pourraient même plus se permettre de se rendre au bureau en voiture.

«Avoir une auto, c’est déjà coûteux pour moi, mentionne Hugo Laroche, soudeur. Si je dois payer mon stationnement en plus, c’est certain que je vais prendre l’autobus.»

La proposition de la mairesse Cinq-Mars devrait être votée à la prochaine assemblée du conseil, le 2 septembre. 

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