Auto-partage à Outremont: L'arrondissement piétine
Catherine Bouchard
Outremont attend les résultats d’une étude d’impact de la ville centre. La Commission sur les transports de la Ville de Montréal examine actuellement la question et les résultats devraient être dévoilés l’automne prochain. «Nous, on veut savoir quels impacts ça aura pour les citoyens d’Outremont. Évidemment, ces véhicules peuvent se stationner partout. Est-ce un désavantage pour les résidents? C’est à voir. Une fois l’étude terminée, nous prendrons une décision à l’arrondissement», explique la mairesse de l’arrondissement d’Outremont, Marie Cinq-Mars.
Rappelons que deux entreprises offrent actuellement un libre-service d’auto-partage, soit Communauto et car2go. Du côté de Communauto, plusieurs stationnements sont déjà aménagés pour les véhicules à réservation. Le service d’Auto-mobile, sans réservation, n’est toutefois pas encore présent.
Les voitures libre-service
Car2go, pour sa part, offre uniquement un service d’auto-partage sans réservation. À l’aide d’une application mobile, les utilisateurs peuvent localiser le véhicule le plus près et utiliser leur carte magnétique pour l’activer. «La principale plainte de nos membres, C’est d’ailleurs dans Outremont que nous recevons le plus de plaintes sur cette question, puisque nous y avons plusieurs centaines de membres. Nous les incitons à faire parvenir leurs doléances auprès de leurs élus, qui eux ont le pouvoir de changer les choses», mentionne le directeur général de car2go, Jérémy Lavoie. D’ailleurs, l’entreprise publicise demande actuellement à ses membres des arrondissements Verdun, Sud-Ouest, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Ville-Marie, Villeray et Outremont de se manifester auprès de leurs conseillers municipaux.
La mairesse Marie Cinq-Mars mentionne pour sa part avoir reçu très peu de lettres sur la question. «J’en ai eu une seule récemment, sinon, ça fait plutôt longtemps», raconte l’élue.
Les membres outremontais du service doivent se rendre sur l’avenue du Parc ou sur la rue Hutchison dans le Plateau Mont-Royal pour pouvoir emprunter des véhicules. Avec l’éventualité que BIXI cesse ses opérations en raison de sa faillite, cela devient plus compliqué pour certains membres.
Des citoyens mécontents
Le professeur d’éducation physique au Collège Stanislas et résident d’Outremont, Éric Monnier, a d’ailleurs interpellé <@Ri>L’Express<@$p> sur la question. «Je rencontre plein de gens qui vivent au quotidien les mêmes frustrations que moi à Outremont, sur le vide qu’il y a en matière d’auto-partage. J’envisage de lancer une pétition pour que les choses avancent. Ce sont de toutes petites voitures, elles prennent la moitié de l’espace de stationnement d’une voiture normale. Je ne vois pas ce qui bloque. Il y a des tas d’espaces qui sont trop petits pour les voitures régulières dans l’arrondissement de toute façon. Je sais que M. Coderre n’est pas favorable à l’idée, alors ça m’inquiète», souligne le père de famille de 47 ans, qui a été sensibilisé aux enjeux environnementaux en partie grâce à ses adolescents.
«Il faut aller de l’avant avec des mesures de développement durable et l’auto-partage, c’est une mesure qui ne demande pas vraiment d’efforts. J’espère que les pressions citoyennes vont pousser nos élus à aller de l’avant», conclut M. Monnier.