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Centre de compostage: un entrepreneur s’adresse au ministère

Martin Dubois possède des terrains à l’angle des boulevards Métropolitain et Saint-Jean-Baptiste. Photo: TC Media | Archives

Un entrepreneur désirant exploiter des terrains limitrophes au futur centre de compostage dans Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles espère faire pression auprès du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MDDELCC).

Martin Dubois, de Rampa Construction, s’est enregistré au registre des lobbyistes en compagnie de son père Paul Dubois à la fin février. L’homme d’affaires, qui lutte depuis des années afin de pouvoir développer ses terrains, espère «accélérer l’émission», par le ministère, d’une lettre en vertu de laquelle la Ville de Montréal autoriserait un usage commercial sur sa propriété.

Depuis 2015, un règlement municipal interdit tout usage commercial à moins de 500 mètres du futur centre de compostage envisagé à l’angle des boulevards Métropolitain et Saint-Jean-Baptiste. Ce règlement faisait suite à l’élaboration de lignes directrices par le MDDELCC, dont l’article 4.2 mentionne cette distance.

M. Dubois souhaite faire lever cet article. Il argue que l’appel d’offres lancé par la Ville en mai 2017 pour la construction de quatre centres de traitement des matières organiques (CTMO), dont celui de RDP-PAT, édicte des exigences plus strictes que les lignes directrices du ministère, ce qui rend celles-ci caduques.

«J’avais un projet avec quatre concessionnaires automobile, mais ils sont bloqués […] Il ne faut pas se leurrer: ce sont des terrains sur le bord de l’A-40. Plusieurs gros joueurs sont intéressés, mais ne peuvent pas avoir de certificats d’occupation et d’utilisatin. Des gens, des commerces, des entreprises qui veulent s’implanter dans le quartier et créer des emploi ne le peuvent pas», plaide le propriétaire de 375 000 pieds carrés de terrain dans les environs du futur centre.

L’homme d’affaires déplore l’abandon, en 2014, d’un projet commercial totalisant 250 M$ sur sa propriété et celle de ce qui était, à l’époque, la Standard Life (aujourd’hui Manuvie). Son projet était sur le point d’obtenir le feu vert de l’arrondissement, quand les conclusions d’un rapport ont mené à un moratoire sur tout développement commercial dans un rayon de 610 mètres de trois réservoirs de butane de la pétrolière Suncor. Près d’une cinquantaine d’entrepreneurs se sont alors constitué en coalition dans l’espoir de faire débloquer leurs projets. La Ville a finalement levé le moratoire en mai 2016, mais le règlement municipal RCG 14-024 barre tout de même la route à M. Dubois. Interrogée au sujet de ses plans pour ses terrains, Manuvie n’a pas souhaité commenter.

Pour sa part, la Ville, lorsqu’interrogée sur la possibilité qu’elle autorise un usage commercial dans les 500 mètres du futur centre si l’article 4.2 des lignes directrices est levé, ou si une entente intervient à cet effet entre la Ville et le ministère, évoque un cas actuellement sous litige et répond qu’elle ne commentera pas d’avantage.

Depuis juin dernier, l’entreprise de distribution alimentaire Beaudry Cadrin Inc. poursuit la municipalité et le MDDELCC devant la Cour supérieure du Québec. L’entreprise craint que le centre prévu à moins de 200 mètres de ses installations émette des odeurs qui imprégneront les produits qu’elle entrepose. La cause doit être entendue du 19 au 24 mars prochain.


2020
Le centre de compostage de Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles est l’un de quatre CTMO que la Ville de Montréal souhaite voir en activité en 2020. L’appel d’offre s’est terminé en janvier dernier, et la Ville dit analyser les dossiers de soumission. Un cinquième CTMO est prévu dans LaSalle d’ici 2024.

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