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Vols à l'étalage : moins de délits à Rivière-des-Prairies

Bousquet-Richard Simon - TC Media
Les vols à l’étalage sont rares à Rivière-des-Prairies où les policiers misent sur la prévention plutôt que sur la répression.

Avec seulement 28 interventions liées au vol à l’étalage en 2013, les policiers du poste de quartier (PDQ) 45 sont parmi ceux qui ont dû intervenir le moins souvent pour ce type de crime. En comparaison, leurs collègues d’Hochelaga-Maisonneuve ont répondu à 229 appels durant la même période.

« Il y a plusieurs facteurs qui expliquent que nous avons moins de vols à l’étalage, explique l’agent Normand Séguin du PDQ 45. Il y a moins de commerces de détail et nous faisons beaucoup de sensibilisation, surtout auprès des jeunes. »

Plus proactif que répressif

Les policiers constatent d’ailleurs que la plupart des vols à l’étalage signalés sont commis par des jeunes.

« C’est presque une mode, explique M. Séguin. Ils font ça par défi. Lorsque nous les attrapons pour la première fois, nous ne les judiciarisons pas. Nous leur expliquons les conséquences de leur geste et nous marquons une note à leur dossier. S’ils se font reprendre, l’agent peut décider de porter des accusations. »

L’agent fait remarquer que dès l’âge de 12 ans, les jeunes peuvent être tenus criminellement responsables.

Les policiers n’attendent toutefois pas qu’un crime soit commis, des agents communautaires font la tournée des écoles dès la maternelle pour sensibiliser les adolescents aux respects des lois.

« Si on travaille en amont des problèmes, on n’a pas de répression à faire, explique le commandant Jean O’Malley du PDQ 45. Mon souhait le plus cher est que nous n’ayons plus à intervenir. Ça voudrait dire qu’on a travaillé très fort à faire de la prévention. »

Moins de plaintes

M. Séguin explique que ce ne sont toutefois pas tous les vols à l’étalage qui sont déclarés.

« Les vols sont très rares, témoigne le propriétaire d’un dépanneur qui souhaite garder l’anonymat. Ce sont surtout de vieilles personnes démunies qui volent, ici. Quand je les attrape, je n’appelle pas la police. Je reprends mes biens et je leur dis de partir et de ne jamais revenir. »

D’autres marchands font appel à des agences de gardiens de sécurité, qui en plus d’attraper les voleurs, s’occupent du processus judiciaire, constate M. Séguin. Ces firmes poursuivent les voleurs au civil plutôt qu’au criminel.

« Par exemple, si un pharmacien attrape quelqu’un qui vole un rouge à lèvres, il pourrait lui réclamer 300 $ pour les frais que le voleur à occasionner, la surveillance notamment », précise M. Séguin.

En raison de l’opacité du Service de police de la Ville de Montréal, l’Informateur de Rivière-des-Prairies n’a pas été en mesure de compiler le nombre de vols à l’étalage sur l’ensemble du territoire montréalais. Contrairement à plusieurs autres postes de quartier, le PDQ 45 a toutefois fait preuve d’une grande transparence, une valeur chère au commandant O’Malley.

« Nous avons de très bons liens avec les intervenants de la communauté et c’est peut-être ce qui nous distingue. C’est sur ce lien que nous basons nos interventions en général », explique le chef du poste qui a remporté le prix Rassembleur lors du gala 2013 de la Corporation de développement communautaire de Rivière-des-Prairies.

(En collaboration avec Samantha Velandia)

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