Présentation des finalistes du concours de design de la plage de l’Est
La présentation, qui s’est tenue le 10 décembre dernier, à la Maison de la culture de Pointe-aux-Trembles, a permis aux 10 membres du jury dont deux citoyens, d’en apprendre davantage sur les propositions et de se renseigner auprès des architectes.
Chaque firme a disposé de 20 minutes de présentation puis d’une période de questions de 25 minutes.
Ces présentations publiques, habituellement réservées aux membres du jury ont permis aux citoyens présents de découvrir le travail des concepteurs et architectes et de leur permettre de se familiariser avec les processus de concours en design.
Au lendemain de la présentation, les membres du jury se sont réunis à huis clos pour sélectionner l’équipe lauréate du concours qui concevra l’aménagement de la nouvelle plage située sur le site de l’ancienne marina Beaudoin. Le gagnant sera dévoilé lors du prochain conseil d’arrondissement en janvier 2014.
Lancé au mois de septembre, le concours de design de la plage de l’Est a été organisé en partenariat avec le Bureau de design de la ville de Montréal.
En attendant le dévoilement de la proposition gagnante, voici quelques détails à propos des propositions des cinq firmes retenues :
« Débâcle » par Ruccolo + Faubert Architectes Inc. & Ni Conception
La firme s’est principalement inspirée du caractère organique et brut des lieux qu’elle souhaite conserver. La proposition consiste en trois paliers qui désignent trois expériences différentes pour les visiteurs.
La première zone, la plaine, longera la rue Bureau et la 94e Avenue pour favoriser la circulation sur les lieux. Ce sera un endroit avec de la végétation indigène qui offrira un espace pour des activités sportives telles que le volleyball ou le badminton. La deuxième expérience se trouve à être la promenade, une pente continue et douce qui reliera la 94e Avenue à la plage. Cette zone sera principalement dédiée à la circulation, elle offrira un espace pour une éventuelle œuvre d’art publique et des jeux d’eau qui pourront se transformer en patinoire l’hiver. La troisième zone est la plage. Elle offrira des activités reliées à l’eau, telles que la baignade, la pêche, le canot, etc.
Le site offrira également de mobilier multifonctionnel que les usagers pourront s’approprier en fonction des activités. Une jeté construite en béton et bois reliera les trois zones et permettra de contempler la vue sur le fleuve.
« Révelée » par le Groupe Rousseau Lefebvre
L’inspiration des architectes est venue en visitant les lieux de la future plage. Le concept proposé par la firme se développe en trois temps.
Le premier, que les architectes ont nommé la révélation, visera à rétablir la berge telle qu’elle était avant le remblayage occasionné par la construction de la marina Beaudoin. Cette espace deviendra une aire de jeu naturelle pour que les enfants explorent la berge en sécurité.
Le deuxième, qu’on appelle la modulation offre cinq espaces structurés autour d’un réseau de sentiers et de passerelles qui relient les différents pôles d’activité, et proposent des points de vue sur le fleuve et les îles avoisinantes. Cette phase offre, entre autres, aux visiteurs des activités variées dont la cueillette de petits fruits, le volleyball et une aire de pique-nique.
Le dernier temps s’appelle la rencontre où se trouve un pavillon d’accueil, des jets d’eau, une crique pour les enfants et un endroit pour une éventuelle œuvre d’art. Il s’agit du point de rencontre entre l’eau et la terre, donc la plage qui favorise la baignade et les activités nautiques.
Atelier Barda et Nyppaysage
La firme mise sur un dialogue entre architecture et nature. Depuis les entrées de la 94e Avenue et de la rue Bureau, l’organisation générale du site s’articule autour de la circulation piétonne menant jusqu’à la berge.
Le projet insiste sur l’importance d’offrir une capacité de récit au site, et ce en multipliant les usages possibles, les parcours, les ambiances et avec en tête le « vivre ensemble ».
Les différents aménagements récréatifs tels que les jeux pour enfants ou les jets d’eau s’organisent dans une composition de cercles reliés à la circulation piétonne. Ils laissent une « prairie » centrale aérée, propice à la contemplation du paysage.
La circulation depuis la rue Bureau est l’axe principal sur lequel se connecte le pavillon de la plage comprenant un café, un bureau administratif, des toilettes, une salle mécanique et une terrasse ouverte protégée, notamment pour les activités hivernales. Une tour d’observation d’environ 18 mètres offre une vue sur les îles voisines. La plage est accessible pour la pratique d’activités récréatives telles que la pêche, la baignade ou tout simplement pour admirer le paysage. Le tout dans un traitement le plus naturel possible.
Architecture Microclimat et Version Paysage
La firme a pris le parti d’offrir un équipement public à vocation nautique et permettant de multiples accès à l’eau. Les architectes proposent cinq zones différentes : le poste d’accueil, situé au rez-de-chaussée de la tour est un bâtiment chauffé d’un étage qui regroupe un comptoir-café, des toilettes accessibles et un espace d’entretien. En hiver, l’infrastructure permet d’accueillir les patineurs et autres visiteurs.
Ensuite, la tour de vigie surmontant le poste d’accueil agit comme un repère lançant son signal tant du côté urbain que marin. Elle abrite un escalier semi-extérieur menant à une plate-forme d’observation, d’où l’on peut avoir une vue privilégiée sur la pointe de l’île. Il y aura également un pont supérieur qui accueillera la terrasse au café, tout en faisant le lien depuis l’esplanade vers les rampes d’accessibilité et escaliers menant aux espaces inférieurs de la jetée et de la plage.
La jetée, un quai fixe pour de moyennes embarcations et une possible navette fluviale, intègre sous le pont supérieur un kiosque de location et un hangar d’entreposage. La plage se décline en trois zones construites offrant toutes les activités associées à une plage traditionnelle. (Photo :gracieuseté.)
« Plage urbaine, grandeur nature » par The Commons Inc.
La firme mise sur l’histoire de la rencontre des différentes natures qui oscillent entre le fleuve et la ville. Leur proposition célèbre cette communion, l’amplifie et la réorchestre en une série de nouveaux moments et habitats qui régénèrent le site et son rapport à l’eau.
L’expérience principale du site est chorégraphiée par un chemin qui amène les visiteurs à traverser tous les habitats. La stratégie d’éclairage s’articule autour de cette passerelle et se décline sur plusieurs registres lumineux.
En hiver, la patinoire s’illumine par l’insertion d’un réseau lumineux dans la glace. Le bâtiment est une plateforme permettant d’observer le paysage fluvial et un trait d’union entre l’univers urbain et fluvial. Il devient une toiture végétalisée qui orchestre une série de réflexions renvoyant le visiteur vers le paysage.
Les architectes proposent la construction d’une dune qui deviendra un lieu de rencontre et de relaxation. Leur but étant celui de reconstituer et stabiliser la berge afin d’en faire un milieu viable et vivant à long terme et rendre possible une plage communautaire qui contribuera à assurer la pérennité.