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Fusion des PDQ : l'opposition s'organise

Alors que la nouvelle de la fusion du commandement des postes de quartier de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles a commencé à circuler, une dizaine d’organismes communautaires organise la résistance.

Avec à leur tête le député Marc Tanguay et Yohan Perron du Centre local de développement de Rivière-des-Prairies, les organismes tiendront une seconde rencontre la semaine prochaine afin d’organiser une mobilisation citoyenne.

« Nous sommes tombés en bas de notre chaise. Nous avons plein de questions qui attendent des réponses. Je me demande en quoi la fermeture du PDQ est la solution idéale pour le quartier. En quoi cela permettra d’offrir un meilleur service? », se questionne M. Tanguay, qui émet de sérieux doutes sur les résultats de cette fusion.

Deux quartiers différents

Les inquiétudes sont nombreuses chez les organismes. Ils craignent notamment que les particularités des deux quartiers ne soient pas prises en compte et que le quartier perde en services, malgré le maintien des effectifs.

Par exemple, ils s’inquiètent que l’enquêteur spécialisé dans les dossiers jeunesse, qui se trouve au PDQ 45, soit désormais partagé entre les deux quartiers. Cette ressource est essentielle pour Rivière-des-Prairies, selon eux, puisque la délinquance juvénile y est particulièrement élevée.

Dans l’ensemble, le taux de criminalité est toutefois plutôt faible dans le quartier. En 2013, 2025 crimes ont été commis contre une moyenne de 3427 à Montréal.

« Il y a peut-être une raison pour laquelle la criminalité est si basse, affirme M. Perron. Avec tout ce qu’on a fait, on a réussi à avoir un quartier paisible. Il faut maintenir la proximité et le lien des policiers avec la communauté pour qu’il le demeure. »

Le regroupement estime que le service de base des policiers sera maintenu malgré la fusion.

« Je suis convaincu que le mode d’intervention en cas de crise sera bien couvert, soutien M. Tanguay. Ce qui n’est pas dans les statistiques, ce sont les effets des activités de prévention, l’engagement communautaire et les activités de rapprochement. C’est cela qui risque de prendre le bord. »

Proximité et prévention

Les organismes craignent surtout une diminution du sentiment de sécurité et de proximité avec les citoyens.

« Les activités que tenaient les policiers au poste 45, comme la maison hantée qui était visitée par 2000 jeunes à l’Halloween, permettaient de créer un sentiment de sécurité, de proximité, mais cela leur permettait aussi de voir les policiers autrement », croit M. Perron.

Les organismes estiment que malgré les discours officiels, l’aspect sociocommunautaire n’est pas valorisé au sein des forces de l’ordre.

Même l’annonce de la fusion des commandements des PDQ ne plaît pas. Les organismes croient que le commandant des deux PDQ ne pourra pas être aussi présent sur les nombreuses tables de concertation.

« Nous sommes deux quartiers qui ne se ressemblent pas dans le même arrondissement et l’approche n’est pas la même, souligne M. Perron. Le commandant Jean O’Malley est plus que sensible au communautaire et le partenariat avec la communauté est essentiel pour un développement adéquat du quartier. »

« Il a la bonne vision et la bonne approche pour le quartier. Comme on dit, si ce n’est pas brisé, n’essaie pas de le réparer », ajoute M. Tanguay.

Le regroupement tente d’organiser une mobilisation citoyenne et tiendra une seconde rencontre au cours de cette semaine pour élaborer un plan d’action.

«Je pense que nous pouvons renverser la vapeur. Si c’est leur décision finale, on se réajustera, mais on ne se démobilisera pas», promet Marc Tanguay.

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