Une vision pragmatique de RDP
« Union Montréal est parmi ceux qui ont demandé cette commission. On ne va pas renier ça », répond-il à une question qu’il a vue venir dès le début de l’entrevue. Il ne veut pas accuser personne, du moins pas tant que la juge France Charbonneau, qui préside la Commission, n’aura pas déposé son rapport.
Rappelons que plusieurs noms de membres ou d’anciens membres d’UM, de même que ceux de gens gravitant autour du parti, sont ressortis au cours des témoignages entendus devant la juge Charbonneau.
Sa décision de se présenter pour UM n’est donc pas opportuniste, étant donné que le parti ne récolte pas beaucoup d’appuis dans les sondages. « D’ailleurs, si je voulais être un bon souverainiste péquiste, je serais chez Vision Montréal », dit celui qui a fait partie, jusqu’à tout récemment, de l’exécutif local du Parti québécois dans la circonscription de Crémazie.
M. Colavecchio a entièrement confiance en son chef, le maire Gérald Tremblay, qui a fait beaucoup pour Montréal. Lorsqu’il « est arrivé à la mairie, ça faisait 40 ans qu’on ne faisait pas de travaux sur les infrastructures de Montréal : égouts, aqueducs, viaducs, etc. »
« Des choses, convient le candidat, qui ne sont peut-être pas sexy au niveau politique », mais qui sont très utiles dans la vie de tous les jours. « Il a eu le courage de mettre l’argent là-dedans. »
Un meilleur financement
Selon M. Colavecchio, la tournée au sujet du financement des arrondissements qu’a effectuée, il y a quelques mois, le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Michael Applebaum, est l’une des meilleures initiatives d’UM cette année.
« C’est une grande avancée, plaide-t-il. Au début, tout le monde se disait qu’il ne pourrait jamais réussir ce tour de force d’aller chercher d’autres sous, de concilier les demandes de chaque arrondissement […], mais il l’a fait. Il a remis beaucoup d’argent dans les coffres des arrondissements. »
« La politique municipale, c’est du terrain, c’est des arbres, c’est des égouts, c’est des trottoirs, c’est des services de proximité. Et là, avant d’aller dans les grandes philosophies, on doit s’assurer que les services de proximité soient rendus, et ce, de façon égale pour tout le monde », dit le candidat, décochant par cette occasion quelques flèches à l’endroit de Chantal Rouleau, mairesse de l’arrondissement Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles.
Une question d’équité
« Le dollar de Pointe-aux-Trembles ne vaut pas plus que le dollar de Rivière-des-Prairies. Là encore, il faut travailler ensemble pour essayer d’arriver à une équité », affirme cet ancien président du Congrès national des Italo-Canadiens.
Selon lui, une administration doit être juste pour tous ses citoyens. Il ne faut donc pas avantager un district ou quartier au détriment d’un autre. Il estime que Mme Rouleau, par ses politiques, peut laisser croire aux Prairivois qu’ils ne sont pas pris en compte.
La maison du citoyen, qui sera construite dans le Vieux-Pointe-aux-Trembles, regroupera notamment la mairie et les bureaux des fonctionnaires de l’arrondissement. Le candidat croit que sa construction aurait dû être envisagée dans un endroit mieux situé géographiquement.
« Ce n’est pas évident d’aller dans le Vieux-Pointe-aux-Trembles à partir de Rivière-des-Prairies. Je pense qu’il y avait une solution mitoyenne qui était intéressante, celle de Pointe-aux-Prairies.
« Les gens de Rivière-des-Prairies, poursuit-il, sont sous l’impression que ça a été une décision qui a été prise par la mairesse pour favoriser PAT. Lorsqu’on regarde les trois prochaines années sur le PTI [programme triennal d’immobilisation], il y a 15 M$ qui vont être investis dans la revitalisation du Vieux-Pointe-aux-Trembles. »
Au dire du candidat qui a habité le quartier RDP une quinzaine d’années par le passé, ce dossier et plusieurs autres seront au centre de ses préoccupations. Son but demeure donc de convaincre les électeurs de renouveler leur confiance envers UM, même en cette période de scandales politiques de toutes sortes.