EXCLUSIF: Vous sentez-vous en sécurité?
Réalisée par Léger, cette enquête vise entre autres à connaître le sentiment de sécurité des Montréalais vis-à-vis leur ville et leur quartier. Au total, 37 % des répondants considèrent que la métropole est moins sécuritaire aujourd’hui qu’il y a dix ans et 35 % des résidents sondés ne s’estiment pas plus en sécurité qu’avant.
Dans certains secteurs de la métropole, comme à Rivières-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles et à Montréal-Est, la proportion des résidents qui trouvent que la situation est pire qu’il y a une décennie grimpe à 57 %. Suivent dans l’ordre Lasalle, avec 51 %, et Saint-Léonard, avec 49 %.
À l’aube de la campagne électorale municipale, la Fraternité des policiers de la Ville de Montréal souhaite remettre la question de la sécurité publique à l’avant-plan, considérant que les élus ne s’y attardent pas suffisamment. Pourtant, 31 % des répondants au sondage font de cet enjeu une priorité.
« On entend tous les candidats dire que l’un des défis à Montréal, c’est la rétention des jeunes familles et la qualité de vie. Mais on ne les entend jamais dire que l’un des principaux éléments de la qualité de vie, c’est la sécurité publique », déplore Martin Desrochers, directeur des communications de la Fraternité.
Questionné sur la baisse du taux de criminalité ces dernières années, le président de la Fraternité, Yves Francoeur, tient à émettre quelques bémols: « Avant, quelqu’un brisait dix vitres de voitures différentes dans un stationnement, c’était dix incidents. Un rapport par victime. Maintenant, c’est calculé comme un seul incident. » Ce dernier déplore également que les fraudes sur Internet et vols de vélo, par exemple, soient exclus de l’algorithme du taux de criminalité. « L’écho qu’on a des citoyens, c’est que la situation n’est pas si rose que ça », fait-il valoir.
C’est pourquoi celui-ci privilégie une plus grande présence policière, « et non le durcissement des peines », comme le veut l’approche du gouvernement Harper. Ce qui dissuade les gens de commettre un crime, ce n’est pas le temps qu’ils peuvent passer en prison, ce sont les chances qu’ils ont de se faire prendre, clame M. Francoeur.
Encore les gangs de rue
Les Montréalais craignent toujours la présence des gangs de rue et des groupes criminalisés. À preuve, 72% des répondants ont indiqué qu’il s’agit de la principale menace à la sécurité publique.
Cette proportion atteint 84 % du côté des résidents de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, 79 % pour les résidents de Rosemont, Saint-Léonard et Anjou, ainsi que 77 % pour Mercier—Hochelaga-Maisonneuve. M. Francoeur explique d’ailleurs qu’il y a un déplacement des gangs de rue de Montréal-Nord vers l’est de l’île.
« Il y a probablement beaucoup d’efforts qui sont faits [pour régler le problème], mais ça n’a pas réussi à convaincre la population », croit Richard Messier, vice-président de Léger.
M. Francoeur s’inquiète à savoir si le SPVM pourra maintenir le même nombre d’effectifs au sein de l’opération Éclipse, spécialisée dans la lutte aux gangs, alors que le gouvernement fédéral n’a pas reconduit sa subvention. Quarante-quatre policiers travaillent au sein de l’opération Éclipse, dotée d’un budget de 10 M$ par année.
« On sait que le service de police est clairement sous-financé à Montréal », lance le chef syndical. Actuellement, le budget du SPVM est d’environ 700 M $ par année.
Le sondage a été réalisé du 13 juin au 1er juillet auprès de 3 264 résidents de l’île de Montréal via un échantillon hybride téléphonique et panel web. La marge d’erreur est de +/- 1,72 % dans un intervalle de confiance de 95 % (19 fois sur 20). Cette enquête était la première du genre au Québec.
La réaction de la Ville de Montréal ici.