L’église Saint-Joseph sera consacrée
L’abbé Beaulieu ne cache pas son enthousiasme face à la venue de son supérieur. « Il est dans ses premières actions et il cherche à être présent auprès de ses communautés paroissiales, relate-t-il. Il va profiter de l’occasion pour consacrer notre église. […] Ça démontre qu’il y a un lien entre l’évêque et les paroissiens. »
Durant la messe, il utilisera le saint chrême, une huile d’olive, pour l’onction de l’autel. Normalement, on installe des croix aux murs de l’église que l’évêque ou, dans ce cas, l’archevêque, va également oindre.
« Quand on consacre une église, on met des croix de consécration, explique l’abbé Beaulieu. On en met 12, pour les 12 apôtres, ou quatre, comme les quatre évangélistes, Jean, Matthieu, Luc et Marc. »
Sauf qu’à Saint-Joseph, 12 croix de bois avaient déjà été installées au-dessus de 12 des 14 stations du chemin de croix qui représente la Passion du Christ.
Selon l’abbé Beaulieu, ces croix avaient probablement été installées dans le but de dédier l’église. Il ignore toutefois qui a pris cette initiative et à quel moment elle a été prise. Il ignore aussi pourquoi la consécration n’a pas eu lieu.
Mgr Lépine devra seulement trouver un moyen de toucher les croix, qui sont loin d’être atteignables à hauteur d’homme.
Cette messe sera particulière en raison de certains rites qui seront ajoutés à ceux de la messe habituelle. Ce rituel particulier correspond à l’illumination, alors que seule la lumière du jour pénétrera l’église, de même qu`à l’utilisation de l’encensoir et, bien sûr, du saint chrême.
Un goûter sera gracieusement offert par les Chevaliers de Colomb et le Club optimiste Montréal-Colombo.
325 ans de vie paroissiale
L’abbé Beaulieu cherchait au départ un moyen de souligner le 325e anniversaire de sa paroisse, fondée en 1687. C’est à cette date que les premiers registres paroissiaux de Rivière-des-Prairies sont apparus.
« Avant, on était une desserte de l’église Notre-Dame, rappelle-t-il. Il y avait des prêtres qui venaient occasionnellement pour des messes. » Il s’agissait en fait de missionnaires de Lachine qui voyageaient par canot afin d’aller prêcher l’Évangile chez les colons.
L’église Saint-Joseph est l’héritière d’une première chapelle, érigée sur la rue de Clichy au temps de la colonie. Aucune trace de ce bâtiment n’est aujourd’hui visible.
« C’est à partir de [ce prétexte] que l’idée m’est venue », dit-il. Une recherche au diocèse de Montréal s’est avérée peu fructueuse. L’abbé a alors conclu que son église n’avait jamais été consacrée.
La consécration n’a-t-elle pas lieu lors de l’inauguration d’un lieu de culte? « Quand on construit une église, on ne la consacre pas avant qu’elle soit payée », répond-il. Cette raison n’élucide toutefois pas le mystère entourant l’absence de dédicace dans ce lieu.
Il est à noter que cette situation n’a jamais empêché les fidèles de s’y recueillir et les prêtres qui s’y sont succédé d’officier. En ce sens, une église non consacrée n’est pas moins importante qu’une autre.
« Il y a eu le témoignage de ces gens, et là on pose un geste encore plus concret », dit l’abbé Beaulieu, qui a installé, en prévision de l’événement, une plaque pour commémorer l’onction de l’église.