Montréal
16:19 21 janvier 2021 | mise à jour le: 21 janvier 2021 à 17:47 temps de lecture: 3 minutes

Pistes cyclables: l’opposition réclame des consultations systématiques

Pistes cyclables: l’opposition réclame des consultations systématiques
Photo: Zoé Magalhaès/Métro Média

Ensemble Montréal déposera lundi une motion visant à rendre obligatoires et systématiques les consultations publiques pour l’aménagement de pistes cyclables sur les voies artérielles. Le parti d’opposition réclame également qu’une consultation soit menée au sujet du Réseau express vélo (REV) de Bellechasse.

«Depuis le printemps 2020, l’administration Plante a complètement modifié l’échéancier et a accéléré l’aménagement du REV sans prendre le temps de mener de vraies consultations. On parle pourtant d’un projet majeur qui représente 184 km de voies cyclables et qui affecte des axes artériels», explique Francesco Miele, leader-adjoint d’Ensemble Montréal.

Selon lui, les conséquences d’un tel projet n’auraient pas été suffisamment bien évaluées. La motion qu’il proposera demande que chaque aménagement cyclable de ce type soit précédé d’un processus de consultation publique transparent.

«On exige que la Ville mène systématiquement des études d’impact et de faisabilité qui seront rendues publiques. Ensuite, elle devra consulter la population et les commerçants limitrophes susceptibles de subir les impacts de ces aménagements, plutôt que de faire ça en catimini comme c’est le cas présentement», précise M. Miele.

En ce qui concerne le REV de Bellechasse qui a provoqué la grogne de plusieurs résidents et commerçants de Rosemont-La Petite-Patrie, Ensemble Montréal demande qu’une consultation publique soit tenue. Si le mécontentement est trop grand, l’arrondissement et la Ville devront démanteler la piste, fait valoir M. Miele.

«Créer de la grogne»

Le leader-adjoint de l’opposition ne se dit toutefois pas opposé au développement du réseau cyclable de la métropole. Selon lui, les consultations devraient justement permettre d’obtenir une meilleure acceptabilité sociale.

«C’est important d’avoir un réseau de transport qui se tient et on a le devoir d’amener les gens vers les transports collectifs et actifs, explique-t-il. Mais, en imposant ces changements, on ne fait que pousser la population à se braquer et on crée de la grogne.»

Appelée à réagir, la directrice des programmes de Vélo Québec, Magali Bebronne, croit pour sa part que les consultations publiques ne sont pas une «recette miracle».

«Ça aide parfois à soulever des enjeux qui n’avaient pas été soulevés, mais on ne peut pas faire plaisir à tout le monde. Il faut parfois faire preuve de courage politique pour changer nos habitudes quand on sait que le résultat sera bénéfique pour l’ensemble de la population», défend-elle.

Pour amener les gens à mieux accepter les projets d’aménagements cyclables, Mme Bebronne pense que la Ville et les arrondissements devraient se pencher sur les projets qui ont le mieux fonctionné pour mener des processus similaires.

«Là où on devrait peut-être mettre en place un processus de consultation en revanche, c’est pour les projets qui consistent à refaire des rues à l’identique. Ce statu quo n’est pas équitable alors que 78 % de l’espace urbain est encore consacré à la voiture», ajoute-t-elle.

La motion sera déposée le 25 janvier lors de la séance du conseil municipal de Montréal.

La Ville de Montréal et l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie ne commenteront pas avant le dépôt de la motion.

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