Cheraquie Auguste-Constant : une mère politisée
Née en Haïti, Mme Auguste-Constant a immigré au Canada à l’âge de 11 ans. Après avoir vécu à Ottawa, elle s’est finalement installée à Montréal, il y a 10 ans. Elle réside dans La Petite-Patrie depuis maintenant deux ans, un quartier où elle se reconnaît.
« C’est un secteur multiethnique. Moi-même, je suis dans un couple multiculturel. Ce secteur-là était donc tout indiqué. C’est possible, ici, à Montréal, que tout le monde vive ensemble », soutient-elle.
Forte d’une formation en communication, en journalisme et en sciences politiques, elle avoue être très intéressée par tout ce qui se passe dans les hautes sphères du pouvoir. C’est d’ailleurs ce qui l’a poussée à se lancer en politique active, après s’être engagée bénévolement durant de nombreuses années.
« Avec tout ce qui se passe, notamment le spectre d’un référendum qui plane, ça me touche personnellement. Je veux pouvoir offrir à mes enfants la chance d’évoluer dans un Québec prospère et dans une ville où tout le monde est égal, où il n’y a pas de différence [entre les diverses communautés culturelles] », indique-t-elle.
Comme toute « bonne mère de famille », elle dit avoir à cœur « les vraies affaires », soit l’économie, l’éducation et la santé.
« La Petite-Patrie est un secteur polarisé: il y a des gens très riches, mais on y retrouve aussi des poches de pauvreté. C’est en relançant l’économie de Montréal qu’on va faire avancer les choses. Il y a aussi le centre local de services communautaire (CLSC) de La Petite-Patrie qui n’offre plus le service de prélèvements. Il faut maintenant se rendre à celui de Villeray. Beaucoup de personnes âgées, qui ont un faible revenu ou qui sont à mobilité réduite, n’ont pas de carte de métro et doivent se déplacer.
« Ce n’est pas en discutant des questions référendaires et de division, comme le fait le Parti québécois, qu’on va arriver [à régler ces enjeux] », insiste Mme Auguste-Constant.
Inspirer les femmes
Par sa démarche, la candidate souhaite inspirer les femmes à faire le saut en politique. Elle désire aussi être un modèle pour ses trois filles.
« Je veux donner un exemple à toutes les femmes, qui qu’elles soient, peu importe leur origine ethnique. Il y a une place pour elles.
« Chaque fois que j’ai eu une occasion de me lancer, j’étais enceinte ou sur le point d’accoucher. Cette fois-ci encore, c’est le même pattern. J’ai accouché il y a deux semaines et demie. Ce n’est pas parce qu’on est mère ou qu’on a une situation complexe qu’on ne peut pas faire autre chose. On peut gérer son temps, ça se fait. Si on ne s’implique pas, on n’a pas le droit de critiquer », fait valoir celle qui fait campagne, accompagnée de son nouveau-né.
Dans le cadre de la campagne électorale, le Journal de Rosemont a sollicité une entrevue de 30 minutes avec les candidats des principales formations politiques. Mme Auguste-Constant, pour sa part, a coupé court à l’entrevue en plein milieu de celle-ci, indiquant qu’elle était attendue pour un autre rendez-vous. Plusieurs questions restent donc en suspens.