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Un plan pour structurer les déplacements

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Transport actif et collectif, convivialité des déplacements et milieux de vie: voilà l’essentiel du plan local de déplacement (PLD) de l’arrondissement Rosemont – La Petite-Patrie (RPP), dévoilé le 21 mai dernier.

Le document d’une soixantaine de pages, rédigé au terme d’un an et demi de consultation publique, dresse une liste de quatre orientations maîtresses (transport collectif et actif; convivialité des déplacements et qualité de vie; réseau routier et stationnement; ainsi que pratiques innovantes et respectueuses de l’environnement), déclinées en 33 interventions à réaliser, dans le but d’harmoniser les mouvements sur le territoire de RPP. La majorité concerne les deux premiers thèmes.

« Nous avons entendu, lors des consultations, le message clair de la population et des travailleurs : [ils demandent] la sécurisation des intersections pour les piétons, un plus grand essor du réseau cyclable, une sécurisation des viaducs et une meilleure desserte des transports en commun », soutient le maire de l’arrondissement, François W. Croteau.

Selon lui, le PLD constitue un « outil d’aide à la décision exceptionnel », quant pour son administration que pour les autres instances impliquées (Ville-centre, Société de transport de Montréal, canadien pacifique, etc.)

« C’est une planification à court, moyen et long terme qui tient compte des besoins de Rosemont et qui va nous aider à prendre des décisions cohérentes », ajoute-t-il.

Vers un abandon de la voiture

Alors que le PLD vise à « encourager les résidents et les travailleurs à utiliser les transports actifs et collectifs pour se déplacer », indique-t-on dans le document, peu d’accent est mis sur la place accordée à la voiture. Lorsqu’on le questionne à ce sujet, M. Croteau répond que « la voiture gardera sa place ».

« Les gens demandent d’avoir plus de transport collectif, de bandes cyclables et davantage de sécurité lorsqu’ils se déplacent à pied ou à vélo. Ils ne souhaitent pas avoir plus de corridors véhiculaires. Par contre, ce n’est pas parce qu’on ajoute des autobus et des pistes cyclables qu’on enlève des voies pour les automobiles. L’un ne va pas contre l’autre.

« Lors des consultations du PLD, les gens ne se sont pas inquiétés du sort de la voiture, sinon pour dire qu’il y en avait trop », laisse-t-il savoir.

Le maire fait donc le pari qu’en bonifiant l’offre de transports en commun ainsi que les aménagements piétons et cyclables, les gens délaisseront d’eux-mêmes la voiture.

« Pour que les gens puissent abandonner leur véhicule, il faut leur offrir une alternative efficace, ce qui n’est pas le cas actuellement. Ce n’est pas en imposant des contraintes qu’on va y arriver [à changer les modes de déplacements] », plaide-t-il.

À savoir si des mesures pour rediriger la circulation routière de transit sur les artères, comme c’est le cas sur le Plateau-Mont-Royal, sont prévues, il affirme que non.

« Le Plateau et Rosemont n’ont pas les mêmes problèmes, on ne peut donc pas adopter les mêmes mesures de mobilité. Cependant, nous avons une  vision et des orientations identiques, qui s’expriment avec des réalités différentes », fait valoir M. Croteau, visiblement agacé.

Échéancier et moyens

Si le PLD donne une ligne directrice à suivre en terme d’aménagement, aucun échéancier n’est prévu pour les concrétiser. En effet, certaines des actions proposées ne relèvent pas de la juridiction de l’arrondissement, comme la création de passages sur la voie ferrée du Canadien Pacifique ou le déploiement de nouveaux circuits d’autobus.

« Je ne m’engage pas ici à réaliser le PLD en quatre ans, ce serait utopique. C’est un plan qui s’inscrit dans la durée. Par contre, un horizon de huit ans serait réaliste. Plus de 40 % de nos mesures sont prévues d’ici les quatre prochaines années.

« Quand on pense au service rapide par bus (SRB) et aux voies réservées, c’est sûr qu’on n’a pas le pouvoir, mais il faudra travailler pour convaincre nos partenaires. Pour eux, c’est un bon outil de planification », mentionne-t-il.

Aucune somme n’est dédiée à ces interventions; celles-ci devront être financées à même le Programme triennal d’immobilisation et le budget municipal.

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