PRIMEUR: Jardin suspendu, donner au suivant.
Tous les samedis de l’été, de 10 h à 16 h, des producteurs et des artistes se donnent rendez-vous à la place Raymond-Plante, à la sortie du métro Rosemont, pour prendre part au projet « Jardin suspendu ».
Sur les lieux, les résidents du quartier peuvent se procurer des aliments biologiques et locaux, ainsi que des œuvres uniques. Ils peuvent aussi mettre un article « en attente » – c’est-à-dire en débourser les frais – qui sera par la suite réclamé par quelqu’un dans le besoin.
« Le concept de cafés en attente à Montréal est parti de l’initiative de Ô deux sœurs et a contaminé une vingtaine de commerces. On s’est dit que ça serait cool d’étendre ce concept à toutes les sphères de l’alimentation. On a donc décidé, Julie Gilbert, Fabienne Torres et moi, de fonder un organisme à but non lucratif qui chapeaute le Jardin suspendu », explique Geneviève Ouellet, une des organisatrices.
« Les gens peuvent acheter un brocoli et le laisser en attente, ou tout simplement faire un don en argent, qui servira à régler la facture d’un autre. Chaque exposant du marché adhère à ce concept, mais le gère à sa façon », ajoute-t-elle.
Par ce projet, les trois femmes souhaitent faire rayonner la démarche solidaire du « donner au suivant ».
« On veut remettre la générosité à la mode. On renoue avec le plaisir de donner pour donner, sans attendre de remerciement en retour. Le bien-vivre ensemble, ça alimente la vie de quartier, et ça cadre avec la saveur du secteur », estime celle qui réside aux abords du Quartier 54.
Vaincre la pauvreté, un produit à la fois
En plus de créer une dynamique de quartier basée sur la solidarité et l’entraide, cette initiative vise à vaincre la pauvreté.
« Ça ne s’adresse pas seulement aux personnes itinérantes. Des personnes démunies, on en retrouve aussi auprès des étudiants, des familles monoparentales, etc. La pauvreté, ces temps-ci, semble contagieuse; ça touche tout le monde. C’est pourquoi on a élargi notre conception de besoin », fait valoir Mme Ouellet.
Mais comment déterminer si une personne peut recevoir un produit en attente? Pour cela, elle se fie au « gros bon sens » des exposants.
« On fait confiance à leur jugement. De plus, il faudrait être vraiment culotté pour aller réclamer des aliments dédiés à des personnes dans le besoin », plaide-t-elle.
À savoir si le projet de marché solidaire « en attente » trouvera écho dans le quartier, l’organisatrice pense que oui. Par contre, il est trop tôt pour le dire, l’initiative étant encore jeune et relativement méconnue.
« On a pas eu beaucoup de visibilité. On compte sur le bouche-à-oreille pour se faire connaître. On vise davantage le marathon que le sprint! C’est un changement de mentalité qui s’inscrit dans le temps », avance-elle, confiante.
Un autre marché solidaire, à quelques coins de rue
Les résidents de La Petite-Patrie pourront également se procurer des fruits et légumes frais abordables à l’occasion du marché solidaire qui se tiendra au sud du parc Père-Marquette, à l’angle de la rue Garnier et du boulevard Rosemont, les 10 août et 14 septembre, de 10 h à 13 h.
Cette initiative est portée par des citoyens et appuyée par le Regroupement des tables de concertation de La Petite-Patrie (RTCPP) et de l’Ambassade Rosemont – La Petite-Patrie.
Les produits seront achetés au Petit Marché de l’Est, entreprise d’économie sociale située dans Rosemont. L’équipe de l’éco-quartier sera aussi sur place afin de proposer des alternatives écologiques pour la maison.
Pour en savoir plus sur le Jardin suspendu, on visite le on.fb.me/Ubr9RI. Pour connaître les détails du marché solidaire du parc Père-Marquette, on consulte le on.fb.me/1reuNZl.
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