Un second mandat pour Françoise David
Élue pour une première fois en 2012 en tête de 4500 voix, la candidate de Québec solidaire (QS) a consolidé ses appuis, en creusant cette fois-ci un écart de 9700 votes avec sa plus proche rivale, la péquiste Louise Mailloux.
« Je suis très contente. Ayant pratiquement doublé mon avance, je ne peux pas m’empêcher de me dire que les gens de Gouin sont satisfaits de mon travail. Pour nous, l’autre bonne nouvelle, c’est l’élection de Manon Massé. On est très heureux, car on a travaillé très fort dans cette circonscription-là et on a eu de belles percées ailleurs », fait valoir Mme David, indiquant qu’il reste néanmoins « beaucoup à faire ».
L’arrivée d’une troisième députée de QS à l’Assemblée nationale est une bouffée d’air frais pour la députée de Gouin, qui cumulait les fonctions et les dossiers à défendre au sein de sa formation politique.
« On a beau être deux ou trois, on couvre les mêmes enjeux que les partis qui ont 20, 40 ou 60 députés. Il faut se prononcer sur les budgets, les projets de loi, etc., tout en étant dans l’actualité. Avec une troisième personne, on se donne des moyens additionnels de s’implanter dans le paysage politique et de faire notre travail », explique-t-elle.
Une souveraineté à repenser
Malgré ces petites victoires, Mme David est stupéfaite de l’issue du vote à l’échelle nationale. Si elle avait perçu un engouement pour le Parti libéral du Québec en fin de campagne, elle ne se doutait cependant pas de l’ampleur de celui-ci.
« À partir du moment où la question référendaire s’est imposée, il y a eu une sorte de refus. Je pense que ce à quoi les Québécois se sont opposés, ce sont les mois de dispute qui précèdent un référendum. Justement, parce qu’ils viennent de vivre huit mois où on s’est généreusement chicané autour de la Charte des valeurs. Les Québécois ont dit à tous les partis confondus que ce qu’ils voulaient, c’est qu’on s’occupe de l’emploi, de l’éducation et de la santé. Pour eux, ce sont ces questions-là qui passent avant tout », croit la députée de Gouin.
Alors que la souveraineté fait partie intégrante de la plateforme de QS, y voit-elle un désaveu de la population envers la proposition de son parti politique?
« Je ne peux pas me réjouir que plusieurs Québécois souhaitent reléguer aux calendes grecques la question de l’indépendance. Je me dis que le devoir que nous avons, nous les souverainistes, c’est d’essayer de comprendre pourquoi. On a quatre ans pour le faire », mentionne Mme David.
Selon elle, il est faux de prétendre que la question identitaire n’intéresse pas les jeunes. Elle estime plutôt qu’il faut proposer un souverainisme nouveau, « qui n’est pas revanchard et davantage ouvert sur le monde ».
En attendant que cet enjeu ne soit réglé, Mme David compte bien se concentrer sur la défense des dossiers qui touchent les résidents de La Petite-Patrie, soit le logement, les garderies, la création de nouvelles ressources en santé mentale et l’acquisition du 6839, rue Drolet.