Projet Refuge: il faudra plus qu'un spectacle bénéfice
C’est un total de 15 000$ que « Le show pour les réfugiés – Do 1 Thing 2012 », présenté le mardi 6 novembre dernier au Cabaret du Mile-End, a permis de récolter. C’est en deçà des 40 000$ souhaités au départ pour assurer la pérennité du Projet Refuge.
« N’empêche, ce fut une magnifique soirée et le montant nous aidera pour la poursuite de notre mission au cours des prochains mois. Mais nous sommes toujours en danger de fermeture à moyen et long terme », explique Sylvain Thibault, coordonnateur pour le Projet Refuge – Maison Haidar.
Ce dernier annonce que d’autres spectacles du même type pourraient avoir lieu dans les prochains mois. C’est à la fois une opportunité pour amasser des fonds et une occasion de visibilité et de sensibilisation, dit-il.
La liste
Depuis le samedi 15 décembre, un nouveau régime de traitement des demandes de réfugiés au Canada est en vigueur, gracieuseté du gouvernement conservateur et de son ministre de l’immigration, Jason Kenney. Une liste des pays « sûrs » pour le traitement des demandes de réfugiés a également été dévoilée, ce qui sème l’inquiétude tant chez les arrivants qu’auprès des organismes qui leur viennent en aide, affirme M. Thibault.
« C’est catégoriser des gens qui sont déjà catégorisés par le gouvernement. C’est un énorme pas en arrière. On va faire des sous-classes de réfugiés. Ils n’ont pas besoin de ça quand ils quittent en catastrophe un pays où ils sont en danger », dénonce-t-il.
Selon la nouvelle réglementation, advenant le refus d’une demande d’asile à une personne provenant d’un pays « sûr » (au nombre de 27 pour l’instant, elle est composée de 25 pays européens, de la Croatie et des États-Unis), le réfugié n’aura pas la possibilité d’en appeler de cette décision devant l’instance d’appel et sera déporté beaucoup plus rapidement que s’il provenait d’un pays n’apparaissant pas sur la liste.
De plus, il n’aura pas droit aux soins médicaux de base en arrivant au Canada et ne pourra trouver un logement qu’après avoir rempli le formulaire Fondement de la demande d’asile.
Cette nouvelle façon de faire, indique-t-on du côté du gouvernement du Canada, favorisera le traitement des « vrais réfugiés », alors que l’on compte de nombreuses fausses demandes provenant en majeure partie de l’Europe, dont beaucoup de Hongrie.
« En fait, ce qu’on cherche à avoir avec cette nouvelle façon de faire, ce sont des réfugiés répondant à des critères de sécurité précis et actifs dans des domaines précis et sûrs. On catégorise les catégories », dénonce M. Thibault.