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De nombreux cas d’éviction dans l’arrondissement

Beauchemin Philippe - TC Media
Depuis quelques années, le nombre d’éviction est en hausse. Cette année, plus de 110 cas ont été comptés dans l’arrondissement, ce qui fait du quartier l’endroit où l’on en dénombre le plus sur l’île de Montréal. Au Comité logement La Petite-Patrie, on dit avoir vu 80 dossiers de locataires vivant cette situation. Et rien n’indique que ces chiffres n’augmenteront pas encore davantage dans les prochains mois.

Pour une reprise de logement, un propriétaire doit en aviser par écrit les locataires au moins six mois avant la fin du bail. Puisque la majorité d’entre eux se terminent habituellement au 30 juin, nous voici donc à l’orée de cette période que les locataires redoutent.

« C’est typique en cette période de l’année et la formule utilisée par les propriétaires pour évincer des locataires est souvent la même et mène aussi, souvent, à la même chose: la conversion des logements en condos », laisse entendre Anne Thibault, coordonnatrice au Comité logement La Petite-Patrie.

Celle-ci explique la procédure suivie par un propriétaire qui veut arriver à ce but; il envoie d’abord une lettre aux locataires expliquant qu’il doit reprendre le logement pour y faire des travaux majeurs d’agrandissement. Puis, il fait appel à un architecte pour dessiner les plans qu’il présente à l’arrondissement, s’assurant que tout est conforme aux règlements mis en place par l’administration locale. Finalement, il adresse une demande à la Régie du logement avec, en main, une approbation des plans de la part de l’arrondissement.

« Une fois cela fait, une fois que tout le monde a dit « oui », il peut se tourner de bord et faire ce qu’il veut. C’est de cette façon que les logements sont convertis en condo. Ni la Régie, ni l’arrondissement ne sont très vigilants. On autorise trop facilement les plans et on ne vérifie pas la suite des travaux », indique Mme Thibault.

Personnes âgées

Ce sont d’abord et surtout les locataires âgés qui reçoivent des demandes d’éviction. Une situation qu’explique la coordonnatrice au Comité logement La Petite-Patrie:

« Ce sont des gens qui sont dans le même logement depuis des années et, donc, ils payent souvent un loyer moins élevé. Si vous saviez le nombre de personnes âgées qui viennent nous voir, en pleure, ne comprenant pas ce qui leur arrive. »

Tout comme le Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ), le Comité logement La Petite-Patrie demande la mise en place d’un moratoire sur les reprises de logements quand le taux d’inoccupation est inférieur à 3 %.

Le comité local de défense des locataires va encore plus loin, estimant que la reprise d’un logement pour un locataire âgé de plus de 65 ans devrait être tout simplement interdite. « Recevoir un avis d’éviction, affirme Mme Thibault, c’est un drame pour une personne âgée; ils ne savent pas où ils vont pouvoir trouver un nouveau logement abordable et ont peur de perdre leur réseau d’entraide. Il faut donc voir à mieux encadrer cette situation qui arrive trop souvent. »

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