Et au pire, on se mariera
Aïcha est une jeune fille qui a treize ans, mais qui fait croire qu’elle en a quinze. Elle habite dans le centre-Sud de Montréal. Son beau-père algérien, Hakim, qu’elle adorait, mais qui l’aimait de trop près, a quitté la maison lorsqu’elle avait neuf ans. Elle ne pardonne pas à sa mère de l’avoir mis à la porte. Aïcha pense qu’elle a fait ça parce qu’elle était jalouse de la relation qu’elle avait avec Hakim. Elle espère toujours qu’il reviendra la chercher.
Cette adolescente n’a que deux amies et ce sont des prostituées. Elles s’appellent Mel et Jo. Même si elles ne le veulent pas, elles ont une influence négative sur la vie de la petite.
Aïcha est amoureuse de Sébastien, alias Baz, qui a plus que deux fois son âge. Elle est prête à tout pour avoir son attention et son amour. Même à avoir une relation sexuelle avec un autre gars pour le rendre jaloux. Il aime bien sa présence, mais il ne veut rien de plus.
Baz est impliqué dans l’événement dramatique qui nous amène aux révélations auxquelles on a droit dans le livre. À certains moments, Aïcha nous fait douter puisqu’elle change souvent sa version des faits.
Le roman est fait sous forme de monologue. On ne se sait pas à qui elle parle. De la manière dont l’auteure a écrit l’histoire, on a vraiment l’impression qu’Aïcha nous parle personnellement ou qu’elle parle à un policier ou un psychologue. Rien n’est censuré dans ce livre. Avec le langage utilisé, on sent vraiment que c’est une adolescente qui nous parle. À certains moments, on ressent sa fragilité d’enfant et à d’autres, on a l’impression que c’est une adulte qui s’exprime. C’est un ouvrage qui dérange, qui ne laisse pas indifférent. On reste longtemps habité par l’histoire. Les thèmes traités dans le roman sont la pédophilie, l’inceste et les amours interdits. C’est troublant de lire tout ce que cet ado connait et fait en matière de sexualité. N’oublions pas qu’elle a seulement treize ans.
Une phrase qui m’a beaucoup touchée dans le livre… un passage où on sent vraiment son désir d’amour à tout prix: « …je voudrais être une pute, oui, mais juste avec un client. Un respectueux. Un qui me demande comment s’est passé ma journée et qui me fait couler un bain. Je lui ferais à manger, pis je m’occuperais de la maison, ou alors on aurait une femme de ménage. Je serais amoureuse de lui, et lui de moi…»
Sophie Bienvenu est une auteure franco-québécoise. Elle a suivi une formation en communication visuelle à Paris. Elle a exercé plusieurs métiers avant qu’elle trouve ce qui lui plaisait. En 2006, lors de la parution de Lucie le chien, c’est là qu’elle décide de devenir auteure. Elle aussi écrit la série (k), où elle dépeint des jeunes évoluant sur fond d’amour, d’humour, de drame et de fantaisie. L’écrivaine habite le quartier Rosemont – La Petite-Patrie depuis 2007.