Après la Chine, lumière sur le Japon
Le millième de lanternes déployées posent un regard différent sur la culture de ces deux pays. La Magie des lanternes ne s’opère pas de la même manière en Chine et au Japon, explique Émilie Cadieux, agente culturelle du Jardin de Chine au Jardin botanique: « Les Chinois utilisent les lanternes pour égayer leurs jardins. Les Japonais, eux, les utilisent également dans un contexte de cérémonies funéraires. Il nous fallait donc faire attention pour respecter les traditions et les coutumes des deux pays, pour ne pas froisser les visiteurs et les amoureux de ces deux cultures. »
C’est ainsi que l’on retrouve, souligne Mme Cadieux, « le grand spectacle à déploiement » au Jardin chinois, alors qu’au Jardin japonais, c’est une utilisation plus discrète et en harmonie avec la nature que le visiteur pourra contempler. Entre les deux, une zone neutre avec la présence de lumières dans un jardin aquatique, ce qui place en vedette la nature. Les trois endroits constituent ce que l’on doit maintenant appeler le Jardin de lumière.
« Ce ne sont pas les mêmes émotions que l’on ressent en passant d’un endroit à l’autre. C’est beaucoup plus contemplatif et en communion dans le Jardin japonais, alors que c’est plus vif et coloré dans le Jardin chinois. Deux visions et deux mises en valeur de la nature différentes. C’est intéressant pour ceux qui viendront voir. »
Cette première incursion du côté de l’espace japonais ne s’est pas faite sans heurt, alors que des travaux d’excavation majeurs y ont eu lieu au cours des derniers mois.
« Oui, ça en a irrité plus d’un, mais on a tout fait pour procéder à notre projet en faisant le moins de dégât possible. Ce ne fut pas évident, parce qu’on a fait cela en pleine période estivale et, donc, alors qu’il y avait le plus de visiteurs dans les jardins. Mais au final, on est content du résultat; ça respecte les différences culturelles des Japonais », laisse savoir l’agente culturelle.
Vers les Premières nations?
Pour marquer le 20e anniversaire de la Magie des lanternes, les organisateurs de l’événement souhaitaient se renouveler, se dépasser et, évidemment, attirer encore plus de visiteurs dans les installations de la rue Sherbrooke.
« On a plus de 250 000 visiteurs sur une période de deux mois pour cet événement. En ajoutant le Jardin japonais, on devrait avoir encore plus de gens. Et on pense déjà aux prochaines années. On veut créer une expérience automnale aussi intéressante que celle estivale. »
Dans cette perspective, il est à prévoir que le Jardin des Premières nations ait également droit à la Magie des lanternes d’ici quelques années, laissa savoir Mme Cadieux.
La Magie des Lanternes: dans les jardins chinois et japonais du Jardin botanique de Montréal tous les soirs (la billetterie ferme à 21 h; les jardins à 22 h), et ce, jusqu’au 4 novembre.
