Saint-Laurent

L’ouest montréalais et ses postes garantis

L’ouest montréalais et ses postes garantis
Photo: Patrick Sicotte/TC MediaAprès un premier mandat de deux ans, Emmanuella Lambropoulos sera de retour sur la colline parlementaire.

Plusieurs citoyens reprochent aux élus fédéraux de l’ouest de Montréal d’être absents sur le terrain. Pourtant, les députés libéraux ont été réélus haut la main avec de fortes majorités la semaine dernière. Étant dans des circonscriptions marquées au rouge depuis des lunes, ils sentent moins la pression de s’engager auprès de la population puisque leur réélection s’avère acquise, avance un spécialiste de la politique canadienne.

La circonscription de Saint-Laurent est un château fort dans les règles de l’art. Emmanuella Lambropoulos l’a facilement emporté sur le Conservateur Richard Serour par plus de 16 000 voix, le 21 octobre.

«Si je suis chanceuse d’être dans un comté où c’est un peu plus facile que ça tourne rouge, ce n’est pas grave, je travaille extrêmement fort», soutient l’ex-enseignante de 29 ans.

Le visage démographique des circonscriptions influence beaucoup la couleur politique, soutient le chargé de cours en science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), André Lamoureux. Contrairement aux secteurs majoritairement francophones, les régions anglophones et multiculturelles vont rebuter, par exemple, les enjeux sur le nationalisme ou la laïcité.

«Le fait qu’il n’y ait aucune pression ou menace des autres partis, ça ne pousse pas au dépassement de soi», analyse l’expert, qui juge que si leur siège était en jeu, les députés s’activeraient davantage.

«Une personne pourrait vraiment traîner de la patte, faire plus ou moins bien son travail et même générée de l’insatisfaction, mais si elle se présente sous l’étiquette qui domine la circonscription, elle se fera réélire.»

— André Lamoureux, politologue

Rôle

Bien qu’ils soient dans des circonscriptions presque garanties, les députés ont un rôle essentiel à l’égard de leurs électeurs. Les élus doivent souvent faire pression sur les organismes fédéraux dans différents dossiers citoyens, comme l’immigration, les pensions de vieillesse et l’assurance-emploi.

«J’essaie d’aller au plus d’événements possible pour être avec mes électeurs», dit Mme Lambropoulos. Elle estime passer de façon générale les vendredis et ses fins de la semaine à Saint-Laurent, à l’exception de la période estivale et quelques semaines où les députés ne siègent pas à Ottawa.

En situation de gouvernement minoritaire, le rôle des députés changera peu, mais ils devront avoir une discipline de fer. Leur présence à la Chambre des communes sera primordiale lors de votes sur des projets de loi, afin d’éviter un renversement du gouvernement, mentionne André Lamoureux.

«C’est nouveau pour moi. Je ne connais pas trop cette réalité [d’être minoritaire] encore», indique Mme Lambropoulos.

Elle précise cependant que le financement de certains projets majeurs comme le prolongement de la ligne orange jusqu’à la gare Bois-Franc ne sera possible qu’avec l’appui du Parti vert et du NPD.

La date d’assermentation de la députée laurentienne n’est pas connue pour l’instant.

Avec la collaboration de Laurent Lavoie