Ahuntsic-Cartierville
05:00 4 mars 2021 | mise à jour le: 4 mars 2021 à 07:08 temps de lecture: 3 minutes

Les interprètes en milieux hospitaliers, ces travailleurs de l’ombre

Les interprètes en milieux hospitaliers, ces travailleurs de l’ombre
Photo: 123RFUn patient en milieu hospitalier.

Ils maîtrisent une cinquantaine de langues: le punjabi, le cantonais, ou encore le yacouba. Les interprètes de la banque interrégionale du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal répondent à des milliers de demandes chaque mois.

Les requêtes peuvent venir d’un peu partout, que ce soit des hôpitaux, centres de réadaptation, centres jeunesses, organismes communautaires de santé.

La banque interrégionale représente une petite équipe de 5 personnes qui sert d’intermédiaire entre les établissements et les 200 interprètes.

«On s’assure que les services soient jumelés à un professionnel et un traducteur ou un interprète afin que le processus se fasse de façon conforme, selon nos politiques en vigueur. C’est vraiment de s’assurer que la qualité du service est au rendez-vous. Si l’interprète a des questions, il peut se référer à nous et même chose pour l’établissement», commente Jeff Nickens Chery, chef de secteur de la banque interrégionale et d’accès aux services en langue anglaise.

Différents secteurs, différentes demandes. «Ça s’arrime beaucoup avec la démographie», mentionne M. Nickens Chery. Un interprète a par ailleurs des règles éthiques à respecter. Il doit «démontrer une sensibilité lui permettant d’assumer pleinement son rôle sans l’outrepasser, dans une relation où les acteurs ne sont pas nécessairement familiers avec la pratique de l’interprétariat», peut-on lire dans un document gouvernemental nommé Projet de cadre national de référence en interprétariat.

Environ 3000 requêtes sont faites mensuellement. «C’est le volume que l’on connaissait avant la pandémie, aussi. On a eu une courte période où c’était légèrement plus tranquille et on va vu cette petite baisse-là pendant la première vague», soutient Caroline Pelletier, coordonnatrice régionale des mesures d’urgence, de la sécurité civile et liaison avec les salles d’urgence par intérim.

«C’est un beau service, c’est essentiel, et c’est vraiment utile pour les citoyens.» -Jeff Nickens Chery

Adaptation

Comme pour de nombreux de métiers, la pandémie a forcé un virage virtuel. Les services sont offerts par téléphone via des plateformes de visioconférence. «On est venu demander aux établissements de nous préciser si c’était requis que ça se fasse en présence et si ça pouvait se faire à distance», souligne Mme Pelletier.

Le choix est établi selon les circonstances. Par exemple, s’il s’agit d’une personne âgée, qui est déstabilisée par son hospitalisation, le présentiel pourrait être privilégié pour assurer sa compréhension des informations transmises par le personnel de la santé.

Le nombre de consultations téléphoniques est monté en flèche durant la crise sanitaire. «C’était peu commun avant la pandémie», convient Caroline Pelletier.

Selon le profil sociodémographique de l’agglomération de Montréal, 2% de la population ne parlait ni l’anglais ni le français en 2016, soit plus de 45 000 personnes.

En 2014, le ministère de la Santé et des Services sociaux a lancé des travaux pour améliorer l’interprétariat dans son réseau.

La banque répond aux besoins sur l’île de Montréal, mais, mais un soutien peut être offert à l’extérieur du territoire dans les régions avoisinantes.

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