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Boulevard Décarie: les commerçants disent «non» à la délinquance

Par stephanie.maunay@tc.tc

Plusieurs commerçants du boulevard Décarie, à Saint-Laurent, sont inquiets. Ils observent, depuis plusieurs mois, une augmentation des incivilités sur leur perron. Drogue, bagarres, graffitis, ils dénoncent des méfaits qui, selon eux, donnent une mauvaise image à l’artère commerciale.

Elan Cohenca, propriétaire du magasin Hobbieville, et ancien vice-président de l’association des commerçants du boulevard Décarie, a décidé de dénoncer la situation, lors du dernier conseil d’arrondissement.

«Je suis sur Décarie depuis plus de 20 ans, et j’observe une augmentation du trafic de drogue. Les gens fument à la vue de tout le monde, sans se sentir inquiétés», rapporte-il.

M. Cohenca s’étonne d’un laisser-aller sur le boulevard.

«Il y a plusieurs années, le trafic de drogue se déroulait surtout au niveau des deux stations de métro et autour de quelques commerces bien ciblés. Maintenant, c’est partout».

Il n’est pas le seul à observer ce «trafic à ciel ouvert».

«Ça fait huit ans que j’ai mon magasin sur Décarie, explique Wissam Nahle. Les méfaits augmentent, c’est certain. Avant, ils n’auraient pas osé se balader comme ils le font aujourd’hui. Je les vois à côté de mon commerce; ils s’assoient et ils fument de la marijuana tranquillement.»

«Une mauvaise image» du quartier

M. Nahle dénonce aussi les problèmes d’alcool sur le boulevard ou dans les ruelles.

Martin De Granpré, propriétaire d’un commerce de copie, en a fait les frais.

«Personnellement, le trafic de drogue ne me saute pas aux yeux. Mon problème, ce sont les gens qui se saoulent et les graffitis qui pullulent depuis moins d’un an. C’est l’enfer. Un jour, j’ai retrouvé la vitre arrière de ma boutique brisée car quelqu’un y avait jeté une bouteille de bière. J’en ai eu pour 250$ de ma poche.»

M. Cohenca estime que toutes ces nuisances donnent «une mauvaise image» au quartier, et pense que le vent tourne sur Décarie.

«Il y a un manque de respect, comme si certaines personnes se donnaient tous les droits.»

«Impact économique»

M. Nahle est convaincu que ces incivilités jouent en leur défaveur.

«Regardez, la saison estivale a commencé, et il n’y a personne. Ça a un impact sur la santé de nos commerces. On devient une zone résidentielle ou de transit entre les deux métros. Ça empêche les gens de venir magasiner tranquillement sur notre artère. Les commerces sont déjà à terre, alors ça ne va pas arranger les choses.»

Pour le moment, les marchands n’ont pas l’intention de fermer boutique, mais ils veulent que les choses changent.

À lire également sur le sujet :

– Incivilités sur Décarie: la police demande l’appui des citoyens

 

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