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Sécurité ferroviaire: un comité de citoyens exige des garanties

Par stephanie.maunay@tc.tc

Depuis près d’un an, plusieurs résidents du quartier Montpellier, à Saint-Laurent, se sont constitués en comité de citoyens, pour afficher leurs inquiétudes quant à la sécurité ferroviaire dans l’arrondissement. Un an après la tragédie de Lac-Mégantic, leurs craintes n’ont pas baissé.

«La première fois que j’ai vu passer les wagons à hauteur de ma maison, j’en ai eu le cœur serré. Toute l’histoire de Mégantic m’est apparue», raconte Marie Barette, résidente de la rue Muir.

Comme elle, ils sont plusieurs à s’inquiéter depuis que la voie du CN a été surélevée de plus de 3 mètres, l’an dernier.

«Il est important de mentionner que ces travaux ont permis d’améliorer la sécurité de l’intersection des voies du CN et de la ligne Deux-Montagnes, et d’éliminer le risque de collisions», indique Stéphane Dion, le député fédéral de Saint-Laurent-Cartierville.

Mais ce changement ne satisfait pas les résidents des immeubles de la rue Muir.

«Avant, j’entendais les trains mais je ne les voyais pas. Maintenant, on ne voit que ça et le mur anti-bruit ne couvre rien puisqu’il n’atteint même pas la hauteur des roues», argumente Mme Barette.

16 impacts recensés

En octobre dernier, les citoyens ont constitué un comité et ont récolté plus de 400 signatures des résidents du secteur.

Depuis, ses membres se succèdent au micro du conseil d’arrondissement, et ont écrit aux responsables du CN.

«On a envoyé un premier courrier en janvier où on a listé 16 impacts qui affectent nos vies, explique Michael Sampara. Le représentant du CN nous a adressé une lettre au mois de mars, mais il ne répond à aucun des problèmes que l’on a évoqué.»

Parmi les impacts, le comité dénonce la vitesse des trains, la longueur des convois et demande à être mieux protégés en cas de déraillement.

«On voit des convois de 130 à 140 wagons passer, ça représente plus d’un kilomètre. On a également observé que la vitesse augmentait, surtout la nuit, note M. Sampara. En plus, on a une courbe de 30 degrés juste avant nos habitations, alors en cas de déraillement, on est aux premières loges.»

Le député fédéral se dit «surpris».

«Il y a quelques jours, le comité permanent du transport, des infrastructures et des collectivités, a déposé son rapport sur la sécurité ferroviaire, dans lequel il est mentionné plusieurs mesures dont l’obligation de réduire la vitesse des convois, par arrêté ministériel. J’ai donc demandé au CN à avoir des explications que j’espère obtenir sous peu.»

Les citoyens perdent patience

Le comité de citoyens estime que chaque instance «se renvoie la balle».

«Le CN dit que c’est une compétence de l’AMT, l’arrondissement que c’est du ressort du Fédéral, bref, rien n’est fait au final», indique M. Sampara.

Du côté du CN, on indique «être très conscient des inquiétudes des résidents».

«On a répondu au comité et on va leur adressé un nouveau courrier sous peu. Nous ne sommes pas non plus fermés à les rencontrer. Mais notre réseau est opéré de façon sécuritaire. On fait des inspections de la voie ferrée deux fois par semaine, à Saint-Laurent et il y a également une inspection aux ultrasons par trimestre», explique Louis-Antoine Paquin, directeur régional, des affaires publiques et gouvernementales, au CN.

Concernant la vitesse et le transport de matières dangereuses, M. Paquin argumente également.

«À Saint-Laurent, la vitesse est limitée à 48 km pour les trains de marchandises, et c’est Transport Canada qui établit les limitations. Pour les marchandises, on fournit un rapport trimestriel sur l’année antérieure aux municipalités, car on ne peut pas présumer des marchandises à transporter pour l’année. Et puis, on ne peut pas annoncer les matières au moment où elles circulent, pour une raison de sécurité publique.»

L’arrondissement se dit «écouté»

Sollicité à plusieurs reprises par ses citoyens, le maire, Alan DeSousa, explique «avoir utilisé toutes les instances à sa disposition.»

«Je peux témoigner que tous les acteurs concernés ont été interpellés sur ce dossier. Notre voix est écoutée. On a une très bonne collaboration avec le CN. Je connais son vice-président depuis plus de 20 ans et à chaque fois que je l’ai appelé, il m’a répondu et entendu. Alors, est-ce que tout est parfait: non, mais je vis dans le monde du possible.»

Suite aux annonces de la ministre fédérale des Transports, fin avril, M. DeSousa a décidé de lui écrire.

«Avec l’appui de Stéphane Dion, je lui ai dit que cela rejoignait pleinement nos préoccupations et je lui ai montré notre vif intérêt à participer au groupe de travail qui doit être créé. J’ai même porté cette lettre, en personne, à l’un des membres du comité de citoyens, pour qu’il en soit personnellement informé.»

Le maire indique maintenant attendre une réponse de la Ministre, Lisa Raitt, pour pouvoir avancer sur ce dossier.

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Quoi faire en situation d’urgence?

Dès 2009, l’arrondissement a travaillé sur la sécurité civile et mis en place un guide du citoyen pour faire face aux situations d’urgence. Ce dépliant  a été distribué, la même année, à tous les résidents. Il est depuis disponible en ligne à http://bit.ly/1o4JUxV.

 

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