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La ligne orange d’une autre manière

Tous les jours, nos yeux se perdent dans nos tablettes électroniques, dans la presse gratuite, notre téléphone portable. Lorsque les portes s’ouvrent, c’est la ruée, vers la correspondance, le bureau, le bus qui ne nous attendra pas. Le rythme effréné du quotidien nous empêche de lever la tête, d’admirer les œuvres d’art qui fourmillent dans notre métro. Jean Drapeau voulait le plus beau, faut-il encore pouvoir prendre le temps de l’admirer !

C’est ce que nous propose le Centre d’exposition de la Bibliothèque du Boisé, jusqu’au 29 septembre prochain. Un retour dans le passé, ludique et coloré, une incursion dans l’aventure de l’intégration artistique dans l’architecture du métro montréalais. Volonté politique et artistique, l’œuvre d’art doit être présente dans chaque station, visible, intégrée à l’architecture et pourquoi pas fonctionnelle. Céline Le Merlus, commissaire de l’exposition est enjouée de pouvoir offrir à la population laurentienne « une nouvelle façon de redécouvrir le métro, et notamment la ligne orange ».

À chacun sa façon de visiter cette exposition, la plus simple est peut-être de suivre tout simplement cette ligne orange qui parcourt les murs et les sols de cette salle d’exposition tout à fait accueillante. On se surprendra à rester les yeux pétrifiés devant les vitraux de Marcelle Ferron, co-signataire du Refus global, tout en s’accommodant de cette photographie qui nous emmène devant les verrières de la station Champ-de-Mars.

Certains décideront de suivre la chronologie des faits et entameront leur visite face à la rondelle, ou plutôt la pastille, à moins que ce ne soit le palet… Peu importe, cette plaque commémorative de l’inauguration du métro de Montréal trône au centre de la mezzanine de la station Berri-UQAM. Chaque jour, une foule d’anonymes s’y donne rendez-vous sans même savoir qu’il s’agit d’une œuvre d’art. Son créateur, Robert Lapalme, ancien directeur artistique de l’Expo 67, en aurait sûrement fait une belle caricature.

D’autres pourront simplement commencer par leur station, Côte-Vertu, et ainsi admirer la sculpture en bronze d’Yves Trudeau. Elle rappelle sans conteste la série de murs qu’il a effectuée dès les années 70. Les deux murales monumentales d’acier inoxydable et de bois installées dans les couloirs de Côte-Vertu sont les dernières de cette grande série, un face à face entre le positif et le négatif, le brillant et le mat.

Un centre d’exposition d’envergure

Cette exposition inaugurale est à l’image de la vocation du centre d’exposition de la bibliothèque du Boisé. Un lieu exclusif de par sa vocation, puisqu’il accueillera essentiellement des œuvres d’artistes professionnels méconnus ou de renom, mais aussi par sa diversité culturelle et son accessibilité.

Céline Le Merlus insiste sur la proximité du lieu et son excellence : « cette salle est un espace où tous les médiums auront leur place, un lieu accessible à tous, un lieu érigé dans un souci environnemental, un lieu pour tous ». Ce n’est pas Irène Stengel, une laurentienne passionnée, qui la contredira. Délicate et apprêtée de ses 92 printemps, elle admire les lieux et son exposition. Elle évoque avec un grand sourire la possibilité que « cette place donnera le goût aux jeunes de découvrir l’art ».

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