Les casseroles s’essoufflent, mais ne se taisent pas
Des manifestants munis de casseroles se donnent rendez-vous vers 20h près du métro Du Collège et du parc Beaudet. Bien qu’ils ont déjà été une près d’une centaine, la manifestation du mercredi 6 mai a attiré une vingtaine de participants, indique la résidente Chantale Turcotte.
Au point de rendez-vous, deux familles, des personnes âgées, de jeunes enfants, des adolescents et des adultes se sont présentés le 6 mai avec leurs casseroles et leurs chaudrons. Sans être très nombreux, ils ont quand même fait beaucoup de bruit.
La fin des manifestations de casseroles n’est pourtant pas pour demain, estiment les manifestants laurentiens rencontrés mercredi. Les participants sont toujours motivés et ont réitéré leurs désirs de continuer à protester contre ce qui est injuste à leurs yeux.
« C’est une écoeurantite aiguée », explique Pierre Lamarre, citoyen de Saint-Laurent. Pour Éloise Lapointe-Leblanc , la hausse des droits de scolarité et ce qu’elle décrit comme une mauvaise gestion du dossier par le premier ministre Jean Charest, sont les principales raisons qui la poussent à saisir sa casserole tous les soirs.
Chantale Turcotte, qui manifestait le 6 mai avec sa mère et sa fille, soutient que c’est la hausse des droits de scolarité et la loi 78 qui la révolte. Elle se bat pour un changement de société et de valeurs, dit-elle.
Un message lancé aux élus de Saint-Laurent
Pour la famille Lamarre, les manifestations de casseroles sont l’occasion d’exprimer leurs désaccords envers le gouvernement Charest et les élus de Saint-Laurent. « La politique de Saint-Laurent ne me représente pas », résume M. Lamarre.
Ce dernier se dit insatisfait du travail de Jean-Marc Fournier, de Stéphane Dion et d’Alan DeSousa.
Un passant en désaccord
Le 6 mai, un passant travaillant à Saint-Laurent, David Fox, s’est arrêté près des manifestants et leurs a demandé de cesser de faire du bruit. Comparant les manifestants à des petits garçons qui font du bruit pour se faire entendre, il les a accusés de ne pas être raisonnables. « Ça fait trois mois déjà et tout le monde connaît le problème, il y a quelque chose dans la vie qui s’appelle être raisonnables», a-t-il lancé aux manifestants.
D’après Pierre Lamarre, les gens du quartier sont généralement tolérants envers le tintamarre. « On représente les gens qui n’ont ni le temps, ni l’énergie de manifester », croit-il.