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Briser le cercle vicieux du chômage immigrant

Dix-sept employeurs se sont déplacés au Centre des loisirs de Saint-Laurent les 20 et 21 mai pour rencontrer des nouveaux arrivants en recherche d'emploi. Photo: François Lemieux/TC Media

Environ 200 nouveaux arrivants se sont présentés au Centre des loisirs de Saint-Laurent dans le but de décrocher un emploi cette semaine. Mais ça ne sera pas facile, le taux de chômage en avril pour les immigrants arrivés au pays depuis cinq ans et moins était 37% plus élevé que celui des Canadiens nés au pays.

Ce sont 17 employeurs qui s’étaient déplacé les 20 et 21 mai pour la 12e mouture du Rendez-vous laurentien de l’emploi afin de rencontrer les immigrants en recherche d’emploi. L’arrondissement compte plus de 50% de ses résidents qui sont nés ailleurs qu’au Québec.

C’est toujours un défi important de trouver un emploi lorsqu’on est nouvel arrivant et qu’on n’a ni de contacts ni réseau professionnel. Comme en témoigne l’exemple de «Mohamed», raconté dans nos pages en février. Immigrant marocain, il avait envoyé plus d’une centaine de curriculum vitae entre janvier 2014 et février 2015 sans jamais être convoqué en entrevue.

Coup de pouce
Le Rendez-vous laurentien arrive donc à point pour donner un coup de pouce aux nouveaux arrivants, mais également pour sensibiliser les employeurs à l’embauche immigrante.

«C’est vraiment pour les familiariser avec les façons de faire des entreprises d’ici : comment on embauche, quelles sont les qualités que les employeurs recherchent, les processus… Mais aussi c’est pour un peu briser le stigma des entreprises qui peuvent parfois avoir un préjugé envers l’embauche des immigrants», a dit Michaël Nolet, le coordonnateur de la démarche de revitalisation urbaine intégrée pour le quartier Chameran-Lebeau, un des organismes organisateurs de la foire.

L’arrondissement compte un bassin de 3000 entreprises mais selon M. Nolet, c’est 80% des emplois à Saint-Laurent qui seraient occupés par des gens de l’extérieur de l’arrondissement.

«On n’a pas beaucoup de gens de Saint-Laurent qui travaillent à Saint-Laurent. Donc on aimerait ça réussir à faire le maillage entre les citoyens et les entreprises», dit-il.

Ateliers
La foire comprenait des ateliers de perfectionnement de CV, d’entrevue d’embauche et de réseautage ainsi qu’une conférence sur l’entreprenariat. Joseph Tiomela est arrivé du Cameroun en 2013 et vient tout juste de terminer un DEP en comptabilité. Il trouve que le Rendez-vous laurentien pourrait bien lui être utile.

«La première des choses est d’avoir l’information et d’être au bon endroit. C’est à ce niveau que beaucoup de gens se butent dans le processus d’intégration. Nous recevons beaucoup de ressources ici. Il y a beaucoup d’employeurs qui sont là. Je pense que cet ensemble de ressources peut nous être utile dans nos démarches d’intégration», raconte-t-il.

Carlos Lopera possède une petite entreprise de haute technologie, Lopera Technologies. Il était au Rendez-vous laurentien et croit qu’amenuiser les préjugés par rapport à l’embauche immigrante n’est qu’une partie de la solution à l’intégration des nouveaux arrivants.

«Il faut que les immigrants comprennent que s’ils étaient ingénieurs là-bas, l’équivalent d’ingénierie ici, il y a un pont. Je n’ai pas de difficulté à croire que les employeurs et je m’inclue là-dedans, on a des processus de vérification qui n’étaient pas là avant. Il faut s’assurer de la validation des compétences. S’il y a quelque chose à améliorer, je crois que le centre communautaire a quelque chose d’important à faire», dit-il.

Opérant son entreprise depuis une quinzaine d’années, il dit avoir formé environ une centaine d’employés durant cette période dont une bonne partie d’immigrants.

Il remarque que trop souvent, des immigrants avec des formations faites à l’étranger arrivent avec des compétences ou des connaissances manquantes, surtout ceux qui sont dans l’attente de validation de leurs études par le gouvernement.

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