Saint-Léonard

Créer un pont à travers le sport

Créer un pont à travers le sport
Photo: Félix Lacerte-GauthierL’agente sociocommunautaire du SPVM, Thi Truc Mai Dang, en compagnie de Fritznel Cazeneuve, intervenant au sein des YMCA du Québec.

Tout au long de l’été, les policiers du Poste de quartier (PDQ) 42, à Saint-Léonard, ont eu l’occasion de jouer au soccer contre des jeunes de l’arrondissement. Une façon de créer un rapprochement entre ces deux groupes.

« L’an passé, pendant les périodes estivales, on avait beaucoup de problématiques dans les parcs, avec des jeunes faisant des niaiseries, se souvient l’agente sociocommunautaire au PDQ 42, Thi Truc Mai Dang. J’ai pensé à une activité qu’on pourrait faire pour les encadrer, et j’en ai parlé aux intervenants du YMCA. »

Rapidement, le soccer s’est imposé comme un choix évident pour elle, en raison du fait qu’il ne requiert que très peu d’équipements, et qu’il est très populaire dans l’arrondissement. C’est également le sport qu’elle pratiquait dans sa jeunesse, à son arrivée au Canada. « Au début, je ne savais pas trop comment recruter les jeunes ; j’ai demandé l’aide des autres intervenants. Je n’étais pas sûr si ça allait fonctionner », admet Mme Dang.

Intervenant au sein des YMCA du Québec, Fritznel Cazeneuve n’a pas été difficile à convaincre. Ancien demi-offensif pour les Carabins, le sport lui est naturel. « Je suis en poste depuis le mois de mai, et mon rôle est de faire un lien avec les jeunes et de mettre en place des activités pour favoriser le passage du primaire vers le secondaire, explique-t-il. Lorsqu’on m’a présenté le projet, j’ai tout de suite embarqué, et ça s’insérait bien dans mon mandat. »

Un succès inattendu

Les parties amicales ont eu lieu chaque vendredi au cours de la période estivale. Au fil des semaines, un plus grand nombre de jeunes se sont joints à l’initiative, grâce notamment au bouche-à-oreille. Pendant les pauses, les intervenants en profitent pour parler du rôle de la police, et inculquer aux jeunes des valeurs tels que le respect et le savoir-vivre.

« Je n’ai pas été ici longtemps, mais c’est bien, c’est amusant, et ça a aussi un rôle éducatif, croit Shana, qui joue également pour le Club de soccer de Saint-Léonard. Ça donne aussi une autre image de la police. »

De l’eau et un repas étaient également offerts aux jeunes participants. Des ballons aux couleurs du SPVM étaient également tirés chaque semaine.

« Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de jeunes. C’est aussi une réussite pour moi, ça m’a permis de créer des liens avec eux en vue de la rentrée, confie Fritznel. Ce serait à refaire l’an prochain. Il ne reste qu’à voir quelle formule on voudrait adopter, et les changements à améliorer. »

Pour Mme Dang, le bilan à faire de cette première année de l’initiative est tout aussi positif. Pour l’année prochaine, elle souhaiterait un plus grand encadrement, ainsi que la possibilité d’avoir des chandails pour les jeunes. « Pour la prochaine année scolaire, j’aimerais aussi intégrer cette activité pendant l’heure du midi à Saint-Ex, révèle-t-elle. On joue ensemble et on échange. Je veux que les jeunes sachent qu’on est là pour les aider. »


Un invité de marque

Abraham François devant des jeunes.
L’ancien défenseur central Abraham François, qui a notamment joué avec l’Impact, a rappelé aux jeunes l’importance des études.

Ancien joueur professionnel, qui a notamment joué avec l’Impact au début des années 2000, Abraham François était présent pour parler aux jeunes de son parcours. Il leur a notamment rappelé l’importance des études, qui vont de pair avec le sport. « Je trouve que c’est un projet magnifique. J’ai grandi à Rivière-des-Prairies, où ce n’était pas facile. Une initiative comme ça m’aurait évité quelques problèmes, lance-t-il en riant. »

C’est à travers Mme Dang, l’une de ces amies, qu’il a entendu parler de ce projet. Il a d’ailleurs utilisé des leçons de sa propre expérience pour inviter les jeunes à ne pas répéter ses erreurs. « Je veux essayer de les amener à réfléchir aux décisions qu’ils vont prendre dans le futur, souligne-t-il. C’est plus crédible, je crois, lorsque tu reçois l’information d’une personne qui est passée par là. »