Montréal-Nord
16:11 12 novembre 2020 | mise à jour le: 16 novembre 2020 à 16:42 temps de lecture: 4 minutes

Un influenceur au service de la santé publique

Un influenceur au service de la santé publique
Photo: Félix Lacerte-Gauthier/MétroYahya Maayouf, alias Art du malaise, veut utiliser sa popularité sur les réseaux sociaux à bon escient.

Disposant de plus de 50 000 abonnés sur sa page Instagram, Yahya Maayouf, alias Art du malaise, utilise sa popularité pour expliquer aux jeunes l’importance de respecter les mesures sanitaires. Un engagement lui tenant à cœur.

«On m’a approché parce que j’étais influent auprès des jeunes. Ça n’a pas été difficile à me convaincre; j’étais moi-même déjà convaincu de l’importance des mesures de prévention», révèle Yahya.

C’est d’abord à la suite d’une implication auprès de la Maison des jeunes qu’il avait été approché afin d’user son influence de manière positive.

«Il a travaillé avec nous cet été. Il avait fait partit de nos équipes de sensibilisation formées d’intervenants et de jeunes. C’est par la suite, de fil en aiguille, qu’on a découvert qu’il avait également un rôle d’influenceur sur les réseaux sociaux», explique Jolyane Molaison, directrice de l’organisme.

Celle-ci l’a par la suite mis en contact avec une intervenante du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal dans l’arrondissement, où Yahya a pu prêter son image et sa voix pour des capsules de préventions. Il explique que cette sensibilité par rapport à la COVID provient de sa famille.

«Mon père en avait vraiment peur, surtout au début de la première vague, révèle-t-il. Mon entourage m’avait influencé à respecter les mesures de confinements. Maintenant, avec ce qu’on sait du fonctionnement du virus, je sais à quel point les consignes et le port du masque sont importants».

Pour Mme Molaison, c’est un plaisir de travailler avec lui. «Il est toujours de bonne humeur et c’est quelqu’un de motivé et de responsable. Il est apprécié dans l’équipe et pour l’avoir vu sur le terrain, il est très bon pour communiquer et vulgariser», souligne-t-elle.

«En fait, il n’est pas arrivé dans notre équipe avec son rôle d’influenceur. C’est par la suite qu’on a découvert que c’est quelque chose qu’il faisait.»

S’impliquer

Bien avant la crise de la COVID, l’implication dans la communauté était une valeur qui lui tenait déjà à cœur. Pour lui, c’est d’ailleurs primordial d’utiliser sa popularité de manière positive.

«Les jeunes n’écoutent pas la radio et ne regardent pas la télévision: ils sont sur les réseaux sociaux. Si on utilise à bon escient sa popularité, ça permet d’avoir une influence positive auprès d’eux» – Yahya Maayouf, alias Art du malaise

Entre autres initiatives, il organise régulièrement des concours à travers lesquels il rencontre des jeunes dans leur école.

«J’essaie de faire avancer tout ce que je juge comme une bonne cause, en mélangeant l’humour à l’actualité. Par exemple, j’ai fait des capsules pour le Black Lives Matters et le génocide des Ouïghours», mentionne le jeune influenceur, qui étudie également le droit à l’Université de Montréal.

Pour lui, c’est d’abord son authenticité qui a fait en sorte que le public a pu s’accrocher à lui.

«Mon charisme et ma sincérité sont des éléments essentiels de ma chaîne. Je suis aussi très actif et approchable. Je réponds à près de 200 messages par jour», confie-t-il.

Il révèle que d’autres collaborations devraient se faire avec le CIUSSS. Il compte également toujours continuer d’informer les jeunes sur les différentes facettes du COVID à travers sa populaire page.

[Mise à jour : plusieurs organismes, dont le CIUSSS, se sont dissociés de Yahya Maayouf après qu’il ait été au cœur d’un important rassemblement.]

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