Une personne sur cinq dans le secteur souffre d'obésité
Sur le territoire métropolitain, en tenant compte des personnes qui souffrent non seulement d’obésité, mais aussi d’embonpoint, c’est 43 % de la population qui est en situation de surplus de poids. Dans la zone couverte par le CSSS Saint-Léonard et Saint-Michel, la proportion se hisse à 56 %.
Les autorités de la santé publique peinent à expliquer cet écart.
« Bien malin celui qui pourrait dire la raison précise qui l’explique, affirme Claude Doyon, coordonnateur au développement des communautés et santé publique au CSSS de Saint-Léonard et Saint-Michel. Le surplus de poids est lié à bien des facteurs, dont la modification des modes de vie, au manque de transport actif, à la dépendance à l’automobile et à la surconsommation de gras et de sucre. C’est une tendance générale en Occident. Il y a une augmentation de la sédentarité, et, conséquemment, un accroissement des maladies chroniques. »
Parmi ces maladies, le diabète. À Saint-Léonard, près d’une personne de 20 ans et plus sur dix en souffre. C’est l’un des taux les plus élevés de la métropole. Le problème est particulièrement criant au sein de la communauté haïtienne.
« Les diabétiques de type 2 le deviennent souvent parce qu’ils n’ont pas de saines habitudes de vie. Ils mangent trop sucré, ils ont un problème de poids, ils fument, etc. Les gens qui viennent de la Méditerranée, qui mangent beaucoup de fruits, de légumes et d’huile d’olive, sont moins sujets à faire du diabète que les gens d’origine haïtienne qui mangent beaucoup d’aliments sucrés comme les féculents, le riz ou le manioc », explique Hélène Bergeron, chef de l’administration des programmes au CSSS Saint-Léonard et Saint-Michel.
Au-delà des conséquences pour les personnes qui en sont atteintes, l’explosion des cas de diabète est un fardeau qui risque de peser lourd sur le réseau de la santé.
« Les impacts sont majeurs. Dans notre contexte, où les gens ont souvent de la difficulté à trouver un médecin de famille, c’est difficile de ralentir la progression de la maladie. Si l’on ne fait ni prévention ni suivi régulier, ils finissent par consulter de façon régulière les services de santé. Ils ont des hospitalisations répétées et ils contribuent à l’engorgement des urgences », souligne-t-elle.