L'intégration par l'entremise de la couture
Par Frédérique Charest
La fondatrice, Manoucheka Céleste, n’hésite pas à qualifier de franc succès les premiers mois d’activité de Mains utiles.
« Jusqu’à maintenant, on est très content du résultat. La demande est là. Il y a beaucoup de personnes qui cherchent des formations pour apprendre la couture. Elles frappent aux portes des différents organismes et ils nous les réfèrent. »
En octobre 2013, une dizaine de femmes se sont inscrites à la première formation donnée par Mains utiles. Trois mois plus tard, un autre groupe a pris le relais. En mai, un troisième entamera une session qui sera, cette fois-ci, de 15 semaines.
« Les femmes apprennent les techniques de base de la confection et le fonctionnement des machines à coudre industrielles et domestiques. Ça leur permet de faire leurs propres vêtements et de perfectionner leur technique », explique Mme Céleste.
Intégration sociale et professionnelle
Épris de justice sociale et férue de mode, Mme Céleste a longtemps cherché le moyen de combiner ses deux passions pour venir en aide aux femmes qui en ont de besoin. C’est pendant ses études en design qu’elle a enfin trouvé sa réponse.
« J’ai commencé à réfléchir à toutes les femmes immigrantes, comme moi, arrivent ici au Canada et qui éprouvent certaines difficultés à s’intégrer au marché de l’emploi ou à la communauté. C’est difficile. On est dans un nouveau monde, dans une nouvelle culture. »
La formation est axée sur la production de vêtements; les participantes doivent mener à bout plusieurs projets, certains imposés, d’autres, au libre choix. Une bonne façon de bâtir l’estime de soi des femmes, selon Mme Céleste.
« On est content de voir que des femmes qui n’ont jamais utilisé de machine à coudre peuvent réaliser quelque chose de concret après un mois de formation seulement. Pour les participantes, ça procure un sentiment extraordinaire. Ça leur prouve qu’elles peuvent réaliser des choses importantes. »
Le stage s’adresse aux femmes adultes, notamment celles qui sont nouvellement arrivées au pays et qui cherchent à se réaliser, à donner un sens à leur vie ou à se créer un réseau social.
Une fois les techniques de base maîtrisées, elles produisent des articles destinés à la vente. Les participantes des deux premières sessions ont produit des sacoches fourre-tout, des foulards et des sacs qui servent à transporter des plats de nourriture.
Selon Mme Céleste, la formule employée par Mains utiles pourrait un jour aider les femmes immigrantes à mieux réussir leur insertion professionnelle en leur enseignant des méthodes de travail ainsi qu’en leur donnant un aperçu de l’industrie du vêtement et du domaine de la vente au détail.
« C’est ce qu’on vise, mais nous ne sommes pas encore rendus là. Présentement, nous sommes encore au début du processus. Mais pour l’avenir, nous voulons être une véritable entreprise d’économie sociale. »
Pour le moment, le local de l’organisme n’est pas assez grand pour accueillir une surface de vente. Mais cette situation risque de changer prochainement.
« Malheureusement, nous n’avons pas encore d’endroit fixe pour la vente, mais on travaille fort pour trouver bientôt un nouveau local. On veut déménager quelque part qui nous permettra de recevoir plus de femmes, d’entreposer plus de matériel et d’avoir enfin un espace où exposer nos produits. »
La prochaine session d’ateliers de couture Mains utiles débutera le 5 mai. Pour s’inscrire, on communique avec Manoucheka Céleste au 514 993-9128 ou à l’adresse courriel mainsutiles@hotmail.com.