Revamper Jean-Talon
Frédérique Charest
Que ce soit en 2020 ou en 2025, Québec semble déterminé à prolonger le métro dans l’est de la métropole. Rien n’est coulé dans le béton, mais cinq stations sont prévues sur l’axe de la rue Jean-Talon, notamment aux intersections des boulevards Viau et Lacordaire – en plein cœur du territoire de la SDC.
« Qui dit métro, dit redéveloppement », souligne Sylvain Tardif, directeur général de la SDC.
Investisseurs en immobilier, nouveaux résidents fuyant les quartiers centraux et commerçants à la recherche de locaux spacieux et facilement accessibles; l’arrivée du métro à Saint-Léonard pourrait chambouler le portrait socioéconomique du quartier et de son artère commerciale.
Mais pour en profiter pleinement, et devenir un pôle commercial incontournable dans l’Est, la rue Jean-Talon devra se revitaliser bien avant l’arrivée du premier wagon.
« L’année prochaine sera une période critique pour l’évolution de la rue, fait valoir M. Tardif. D’ici les 12 prochains mois, nous avons besoin de changements majeurs. On veut des investissements, publics et privés, entre autres pour attirer de nouveaux commerces dans les locaux vacants. C’est un travail de A à Z. On sent qu’il y a une fenêtre d’opportunité, une occasion qu’il faut saisir, mais il y a du travail à faire. »
Véronique Fenocchi, directrice générale de la Corporation de développement économique communautaire de Saint-Léonard (CDEC), abonde dans le même sens.
« Ça prend des investissements au niveau du verdissement, des aménagements et du mobilier urbain. Ça prend un environnement plus convivial. »
Le maire de l’arrondissement, Michel Bissonnet, croit que des changements importants se pointent à l’horizon.
Selon lui, la Ville-centre, responsable de l’aménagement des grandes artères montréalaises, a signalé son intention d’investir afin de bâtir des saillies de trottoirs avec passages pour piétons. Au total, une quinzaine d’intersections seraient visées. Le projet, qui inclut la mise en terre d’arbres et de plantes, pourrait voir le jour d’ici trois ans.
L’arrondissement étudie également la possibilité d’installer des supports à vélo et à plus long terme, l’aménagement d’une terrasse qui servirait de lieu de rassemblements lors des événements publics.
« La Ville-centre et l’arrondissement ne peuvent pas investir seuls. Je pense que ce travail devra être entrepris par les instances politiques, mais aussi par les commerçants. L’un ne peut pas se faire sans l’autre », opine Mme Fenocchi.