Refus d'accès à un homme noir : un bar condamné
L’incident s’est déroulé le 2 octobre 2009. Ce soir-là, Georges Congrea, en compagnie d’un ami, se rend au Club Millenium rejoindre des amis et collègues de travail. À l’entrée, mauvaise surprise, on leur refuse l’accès au bar. Le portier, Vladimir Clairsaint, explique alors sa décision en leur disant « vous êtes Noirs. »
Selon M. Congrea, M. Clairsaint, lui-même de couleur noire, s’est justifié en lui racontant que des personnes de couleur noire avaient récemment fait du saccage dans l’établissement. Depuis, le propriétaire refusait les personnes noires, sauf si celles-ci étaient accompagnées de personnes à la peau blanche ou si elles étaient connues du personnel du bar.
Devant le Tribunal, M. Clairsaint a fait valoir qu’il a refusé l’accès à M. Congrea parce que ce dernier avait été agressif et avait fait preuve d’un « comportement inacceptable » dans la file d’attente.
Le Tribunal a retenu la version relatée par M. Congrea, estimant du fait même que le témoignage de M. Clairsaint était « peu vraisemblable. »
Le jugement reconnait que le Club Millenium a porté atteinte au droit à la sauvegarde de la dignité du plaignant.
Toutefois, le Tribunal a souligné que la partie demanderesse n’avait pas réussi à démontrer qu’une politique claire de discrimination raciale était établie et en vigueur au Club Millenium.
Selon le jugement, la victime s’est sentie humiliée et honteuse après l’incident, si bien que le sentiment d’exclusion était encore vif au moment du procès. Depuis, M. Congrea est très craintif à l’idée de vivre des refus similaires dans d’autres établissements.
Le Club Millenium, solidairement avec Vladimir Clairsaint, est condamné à payer au plaignant la somme de 5 000 $ à titre de dommages moraux. De plus, le portier devra débourser 1000 $ supplémentaires à titre de dommages punitifs.
Le Club Millénium a déjà fait la manchette.
En 2006, la Régie des alcools, des jeux et des courses a suspendu son permis après une bagarre impliquant une quarantaine de personnes et des portiers. L’incident était lié aux groupes de motards criminalisés. En 2009, son permis a été à nouveau révoqué après des évènements violents impliquant des groupes criminalisés.
En 2011, l’établissement, alors connu sous le nom Bar La Folie, a été le théâtre d’une importante saisie de drogue. Cette même année, la discothèque a fermé ses portes pour cause de fin de bail.