Vivre dans la dignité : vieillir dans l’activité
Le livre, publié par l’organisme Vivre dans la Dignité, rassemble l’histoire de quinze aînés qui se distinguent par leur parcours inusité. Quelques exemples? Alice Cole, 79 ans, une coureuse qui collectionne les médailles, ou encore George S. Zimbel, le célèbre photographe de 83 ans, toujours actif et exposé partout en Amérique. « Nous voulions montrer des aînés inspirants de tous les secteurs d’activité, tant des hommes que des femmes », commente Linda Couture, directrice de l’organisme Vivre dans la dignité.
L’histoire de Mme Barth est marquée par l’intensité de son implication. « Elle a quand même fait quelque chose : fonder presque 70 clubs d’âge d’or c’est phénoménal, s’exclame Mme Couture. » Et, à 82 ans, même la maladie ne l’arrête pas. Ayant récemment cessé volontairement un traitement de chimiothérapie orale pour un cancer du sein, elle a plutôt choisi de croquer dans la vie. La dame vit seule dans sa maison, elle s’occupe de son jardin, elle peint… Elle continue aussi d’œuvrer quotidiennement au CRAIC, cuisinant des tortellinis maison, accompagnant une dizaine d’autobus de membres de ses clubs d’âge d’or à la cabane à sucre.
Sa générosité lui est bien rendue. « Quand les gens voient que je serai présente à une activité, ils veulent tous venir! » Même le consul italien aurait repoussé son départ lors d’une visite au Québec. « Il m’a dit : « Je suis chanceux de profiter un peu plus non seulement de la culture québécoise, mais de votre présence » », rapporte-t-elle, tout en assurant qu’elle est humble.
La difficulté d’immigrer
Arrivée au Québec en 1963, l’aînée d’origine italienne ne pensait pas qu’elle allait y faire sa vie. « Je pensais être ici pour une visite, je ne voulais pas rester ici, se souvient-elle. À mes premières Pâques, dans les Cantons-de-l’Est, il neigeait, il faisait froid. Je n’acceptais pas d’être là. À l’église, je pleurais tellement qu’on m’a demandé de sortir, car je dérangeais la messe. »
Cet épisode explique-t-il qu’elle ait tendu la main aux immigrants toute sa vie? D’autres anecdotes s’ajoutent, mais elle a surtout toujours voulu partager avec les autres sa bonne étoile. « J’ai eu la chance d’avoir un mari qui avait une très bonne profession, j’ai eu une bonne éducation, faite de poésie, d’art, de musique… Le temps que j’ai, je le donne à ceux qui ont moins eu de chance que moi », confie Mme Barth.
Fini l’âgisme
Le livre Au cœur de l’image des aînés fait partie d’une mobilisation en trois temps de l’organisme. La première étape, la publication, se voulait une façon de démontrer que « les aînés ne sont pas qu’un fardeau », affirme Linda Couture.
Ironiquement, l’âgisme est souvent véhiculé par la population vieillissante elle-même. « Vieillir a une incidence sur l’estime de soi, poursuit-elle. Les gens se sentent moins valorisés et souvent font de l’âgisme entre eux, et envers eux-mêmes. On entend souvent les gens dire : « rendu à mon âge… ». »
Ainsi, l’étape suivante de cette campagne de sensibilisation prend la forme d’un dépliant intitulé « Mettre frein à l’âgisme ». Par la suite, un guide d’activités propose des sujets de discussion qui ont pour but de conscientiser les préjugés entretenus.
Pour se procurer le livre, on contacte l’organisme Vivre dans la dignité au 514 639-6814 ou au www.vivredignite.blogspot.ca.